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Wikileaks traqué ?

Wikileaks traqué ?

Publié le samedi 4 décembre 2010.
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Reporters sans frontières condamne les blocages, les cyberattaques et les pressions politiques contre cablegate.wikileaks.org, site de Wikileaks dédié à la publication des câbles diplomatiques américains. L’organisation s’inquiète également des propos de certains responsables politiques américains concernant Wikileaks et son fondateur Julian Assange.

Fin novembre, suite à la publication de plus de 250 000 câbles diplomatiques, Julian Assange a dû retirer son site de ses serveurs en Suède et le faire héberger aux Etats-Unis par la compagnie Amazon.com. Celle-ci, à son tour, a subi les pressions politiques de la commission du Sénat américain sur la sécurité territoriale, et en particulier du sénateur Joe Lieberman, pour cesser d’accueillir le site du hacker australien. Après avoir été exclu d’Amazon, le site a trouvé refuge en France chez OVH pour une partie de son contenu. Le ministre chargé de l’Economie numérique, Eric Besson, a déclaré, vendredi 3 décembre, que le gouvernement français étudiait les moyens d’interdire l’hébergement du site. Récemment, Wikileaks a également été lâché par son fournisseur de nom de domaine, EveryDNS. Plusieurs pays comme la Thaïlande et la Chine, dont le respect de la liberté d’expression et d’information est plus que sujet à caution, ont décidé de bloquer cablegate.wikileaks.org.

C’est la première fois que nous observons une tentative de censure à l’échelle internationale d’un site dont la vocation première est la transparence. Nous ne pouvons qu’être sidérés par le fait que des pays comme la France et les Etats-Unis alignent soudain leur politique en matière de liberté d’expression sur celle de la Chine. Nous rappelons, notamment pour la France et les Etats-Unis, que ce n’est pas au pouvoir politique de décider du maintien ou non d’un site mais à la justice.

En parallèle, les autorités américaines envisagent la possibilité de poursuivre pénalement Julian Assange. Deux sénateurs américains, les républicains John Ensign et Scott Brown, et le sénateur indépendant Joe Lieberman, ont déposé un projet de loi pour faciliter les recours contre Wikileaks et son fondateur, en proposant de rendre illégale la publication des noms d’informateurs des services de renseignements américains. Ceci alors qu’une enquête pénale est déjà en cours et qu’un certain nombre de dirigeants politiques américains ont demandé que tout soit mis en œuvre pour faire arrêter Julian Assange.

Reporters sans frontières ne peut que condamner cet acharnement et réitère sa conviction que le site Wikileaks, dans le respect du 1er amendement de la Constitution américaine, a le droit de publier ces documents et fait même œuvre utile en les mettant à disposition des journalistes et des lecteurs.

Nous soulignons que toute restriction à la liberté de diffuser ce corpus de documents touchera la presse dans son ensemble qui a largement repris les informations mises à disposition par Wikileaks et alors que cinq grands journaux internationaux ont activement collaboré à leur publication éditoriale.

L’organisation rappelle également qu’elle a toujours œuvré pour le principe de « neutralité du Net » au nom duquel les fournisseurs d’accès et les hébergeurs ne doivent jouer aucun rôle dans les choix des contenus mis en ligne.

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