Reporters sans frontières

43203

Accueil - Asie - Vietnam

Nouvelle condamnation d'un blogueur pour “propagande contre l'Etat”

Nouvelle condamnation d’un blogueur pour “propagande contre l’Etat”

Publié le mardi 14 août 2012. Mis à jour le lundi 17 septembre 2012.
Version imprimable de cet article Imprimerenvoyer l'article par mail envoyer English

Trois jours après la condamnation de Dinh Dang Dinh à six ans d’emprisonnement pour « propagande contre l’Etat » (voir ci-dessous), Reporters sans frontières s’insurge contre la sentence prononcée le 11 août 2012 à l’encontre du blogueur Le Thanh Tung, pour le même chef d’accusation, à l’issue d’un procès qui n’a duré qu’une heure.

Le tribunal populaire de Hanoï (capitale) a condamné Le Thanh Tung à cinq ans de prison ferme puis quatre ans d’assignation à résidence, pour infraction à l’article 88 du Code pénal. Parmi les proches du blogueur, informés la veille du déroulement du procès, seule son épouse, Tran Thi An, a été autorisée à assister à l’audience.

Le blogueur avait été arrêté le 1er décembre 2011. Ancien militaire, il publiait depuis 2007 des articles appelant à la démocratie, au libéralisme politique et au multipartisme. Il militait également au sein du Bloc 8406 depuis sa création en 2006.

Le 25 avril 2008, Le Thanh Tung avait été soumis à une dénonciation publique, durant laquelle il avait été placé face à une foule rassemblée par les autorités, puis injurié et humilié. Son « crime » était notamment d’avoir fourni des couronnes funéraires lors des obsèques, en février 2008, du dissident Hoang Minh Chinh, au nom d’organisations pro-démocratiques basées à l’étranger.

Le procès des trois blogueurs Ta Phong Tan, Phan Thanh Hai (Anhbasaigon) et Nguyen Van Hai (Dieu Cay), qui devait s’ouvrir le 7 août 2012, a été reporté in extremis à une date non précisée.


10.08.2012 - Un blogueur vietnamien condamné à six ans de prison

Reporters sans frontières dénonce fermement la condamnation en première instance, le 8 août 2012, du blogueur vietnamien Dinh Dang Dinh à une peine de six ans d’emprisonnement pour “propagande contre l’Etat”.

“Les accusations portées contre les blogueurs vietnamiens se suivent et se ressemblent. Une fois de plus, l’article 88 du code pénal est utilisé pour faire taire toute critique du régime en place. L’issue de ce procès expéditif laisse craindre le pire pour les autres blogueurs actuellement en procès, a déploré l’organisation. Nous demandons à la justice de respecter le droit de Dinh Dang Dinh à un procès équitable et de revenir en appel sur cette condamnation inique.”

Le blogueur a été reconnu coupable par un tribunal de la province de Dak Nong (Centre) en vertu de l’article 88, alinéa 1.c, du code pénal. Le procès n’a duré que trois heures, durant lesquelles Dinh Dang Dinh a clamé son innocence et a assuré seul sa défense, sa famille n’ayant pas les moyens de payer les honoraires d’un avocat. La justice vietnamienne lui reproche d’avoir écrit et mis en ligne des centaines d’articles critiquant le Parti communiste, l’Etat et Ho Chi Minh, entre fin 2007 et octobre 2011, date de son arrestation.

Selon les informations collectée par Reporters sans frontières, Dinh Dang Dinh, ancien militaire, a quitté l’armée en 1988 suite à un désaccord sur la politique menée par le Parti communiste au pouvoir. En 2009, il a lancé une pétition contre un projet d’exploitation de bauxite dans sa région de Dak Nong. C’est à partir de cette prise de position que les autorités vietnamiennes l’ont pris pour cible. Dans ses article, le blogueur militait en outre en faveur de la démocratie et du pluralisme au Vietnam.

Dans la droite ligne de la vague de répression en cours à l’encontre des blogueurs vietnamiens depuis plusieurs mois, la condamnation de Dinh Dang Dinh intervient alors que le procès de Ta Phong Tan, Phan Thanh Hai (Anhbasaigon) et Nguyen Van Hai (Dieu Cay) s’est ouvert le 7 août 2012. Ces trois blogueurs sont également poursuivis sur le fondement de l’article 88 .

Le Vietnam est l’un des “Ennemis d’Internet” recensés par Reporters sans frontières, pour son recours systématique à la cybercensure. Avec au moins dix-neuf emprisonnés, le pays est actuellement la troisième prison du monde pour les net-citoyens, derrière la Chine et l’Iran.

CLASSEMENT MONDIAL

ENNEMIS D'INTERNET

FICHES PAYS

close
Contact | Les actions de Reporters sans frontières | Mentions légales | CGU | La boutique | Les albums