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Fermeture imposée sans explication et en toute illégalité à la Radio Carabobo Stereo

Fermeture imposée sans explication et en toute illégalité à la Radio Carabobo Stereo

Publié le mardi 12 avril 2011.
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Vendredi 18 mars, tard dans la soirée, un comité composé d’une trentaine de membres de la Commission nationale des télécommunications (Conatel) se sont présentés à la station de radio Carabobo Stereo 102.3 FM (dans l’Etat de Carabobo - Nord), accompagnés par des forces armées, et a procédé à la fermeture de la station et à la confiscation du matériel sans notification préalable.

Prétextant une inspection de routine, les membres du comité de la Conatel ont demandé aux dirigeants de la radio de les suivre à la centrale de transmission située dans le lieu-dit Cerro Copey. Ils n’ont pas pu être accompagnés de leurs conseillers juridiques. Sur place, des représentants de la Conatel les ont informés de la fermeture de la radio et de la confiscation immédiate des équipements en raison d’une apparente utilisation clandestine de la fréquence. Le comité de la Conatel n’a pas pris la peine de vérifier si Carabobo Stereo était en règle.

Carabobo Stereo émettait depuis un an et demi, en toute légalité, après avoir obtenu l’autorisation de la Conatel et du ministère de la Communication et de l’information (Minci) qui avait sollicité l’inscription de cette radio sur leur site internet, nécessaire pour permettre le paiement d’impôts et la réalisation des rapports ordonnés par Conatel. Quelques mois plus tard, en septembre 2010, à la grande surprise de la station, les autorités ont octroyé à une autre radio la même fréquence FM 102.3 utilisée par Carabobo Stereo.

Les dirigeants de Carabobo Stereo ont présenté un recours d’opposition à la procédure administrative initiée par Conatel en prouvant la légalité de la radio. Il faudra désormais attendre un délai de trente jours pour que la Conatel se prononce.

Comment expliquer les actions des autorités administratives ? Pourquoi la Conatel a-t-elle donné suite à la fermeture de la radio et à la confiscation des équipements sans notifier le directeur et rendre impossible l’intervention des conseillers judiciaires de la radio ? Pour quelle raison ont-ils octroyé la même fréquence à une radio plus récente au cadre de couverture identique ? Autant de questions qui ne trouvent pour l’instant pas de réponses.

Ce dernier incident s’inscrit dans un contexte de répression à l’encontre de plusieurs médias au Venezuela. Pendant la première semaine d’avril seulement, quatre journalistes ont été victimes d’agressions. Le 7 avril, la journaliste Laura Domínguez et son cameraman, Heisser Daniel Gutiérrez, de la chaîne Globovisión ont été agressés verbalement et physiquement dans l’Etat de Trujillo. Pour sa part, le même jour, à Caracas, la police militaire a détenu, sans ordre judiciaire et pendant sept heures, la journaliste Maolis Castro et le photographe Ernesto Morgado du journal El Nacional qui allèguent avoir subi des agressions physiques.

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