Reporters sans frontières

Reporters sans frontières sollicite une protection pour une journaliste et ses enfants menacés de mort

Reporters sans frontières sollicite une protection pour une journaliste et ses enfants menacés de mort

Publié le lundi 14 avril 2008.
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Reporters sans frontières sollicite l’intervention du ministère de l’Intérieur au vu des intimidations dont sont victimes Marlene Vaz, directrice de l’hebdomadaire Opción Cero, et sa famille, à Rio Branco (Nord-Est). La journaliste avait révélé, début 2006, un trafic impliquant des policiers locaux.

Reporters sans frontières craint pour la sécurité de Marlene Vaz - directrice de l’hebdomadaire Opción Cero à Río Branco (Nord-Est) - et de sa famille, victimes de harcèlement depuis que la journaliste a révélé une affaire de vol impliquant des fonctionnaires de la police locale. Les menaces se sont intensifiées ces derniers jours, alors que Marlene Vaz a fait appel devant la justice de sa condamnation à cinq mois de prison avec sursis pour “diffamation” dans cette même affaire.

“Il est impératif que toutes les mesures de protection soient prises en faveur de Marlene Vaz et ses proches dans les plus brefs délais. Nous sommes en droit de nous étonner qu’aucune action n’ait été entreprise pour mettre fin aux multiples tentatives d’intimidation dont la journaliste et son entourage sont victimes depuis un an. L’implication de policiers explique sans doute de telles lenteurs et c’est pourquoi nous sollicitons l’intervention du ministère de l’Intérieur”, a déclaré Reporters sans frontières.

Depuis avril 2007, les enfants de la journaliste ont commencé à subir des pressions de la part de policiers qui les ont intimidés et agressés à plusieurs reprises. En janvier 2008, un fonctionnaire a pénétré sans mandat dans le domicile d’une amie d’un des fils de Marlene Vaz et a arrêté celui-ci pour “vol”. La directrice de Opción Cero a aussitôt dénoncé l’abus d’autorité de l’agent dans une chronique de l’hebdomadaire titrée “La lâcheté d’un policier”. Le policier a alors porté plainte pour “diffamation” et Marlene Vaz a été condamnée à une peine de cinq mois de prison avec sursis. Elle a interjeté appel.

Le 7 avril 2008, alors qu’elle se déplaçait en bus de Rio Branco à Montevideo pour l’audience d’appel, Marlene Vaz a reçu un appel sur son téléphone portable : “Laisse tomber l’affaire des Nike, tes enfants ont déjà souffert et la même chose pourrait arriver à ta petite-fille.” Le lendemain, dans l’enceinte du tribunal de Montevideo, le mari de la journaliste et le vice-président de l’Association de la presse uruguayenne (APU), Richard Prieto, ont reçu un autre appel menaçant la journaliste et ses enfants. Mère de six enfants, Marlene Vaz a encore à sa charge les deux derniers, âgés de 21 et 20 ans et “souffrant de problèmes cardiaques” - comme elle l’a confié à l’organisation - et sa petite-fille de 13 ans.

Au début de l’année 2006, Marlene Vaz avait révélé dans Opción Cero comment des policiers de Río Branco avaient couvert le vol et la revente de chaussures de sport saisies pour contrefaçon et entreposées dans un commissariat. Malgré les dénégations des autorités, ces informations avaient entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire contre plusieurs fonctionnaires, et Marlene Vaz avait été citée comme témoin à leur procès.

Par ailleurs, la justice uruguayenne a classé les poursuites engagées par Enrique Mangini Usera, un ancien militaire, contre Roger Rodríguez, du quotidien La República. L’ex-officier avait poursuivi le journaliste pour “diffamation” après la publication d’une série d’articles le mettant en cause dans l’assassinat d’un étudiant en 1972.

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