Reporters sans frontières

Agressions et menaces contre un journaliste par un narcotrafiquant présumé

Publié le jeudi 22 mars 2007.
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Reporters sans frontières demande des mesures de protection en faveur de César Casavieja, fondateur et directeur de l’hebdomadaire Señal de alerta, victime de menaces de mort après avoir publié la photo d’un individu suspecté de narcotrafic. Le journaliste a été agressé, le 16 mars 2007 à Montevideo, par l’homme en question.

“Le narcotrafic est un sujet à très hauts risques pour la presse. Comment expliquer que l’agresseur de César Casavieja, arrêté en flagrant délit de chargement de cocaïne, soit aujourd’hui en liberté ? Ensuite et surtout, comment comprendre que des policiers laissent filer ce dernier et arrêtent sa victime ? Nous demandons une protection pour le journaliste et la vigilance du ministère de l’Intérieur dans cette affaire”, a déclaré Reporters sans frontières.

Ancien reporter de la chaîne Telenoche 4 et fondateur, en 2006, de l’hebdomadaire de faits divers Señal de alerta, César Casavieja enquêtait depuis juin dernier sur une affaire de trafic de drogue. Amir Alial González alias “El Turco” avait alors été arrêté lors d’un chargement maritime de 100 kilos de cocaïne, qui devait transiter par le Portugal. César Casavieja avait publié, deux mois plus tard, la photo d’Amir Alial González dans son journal.

Depuis la publication de cette photo, César Casavieja a été victime de menaces de mort, ainsi que sa famille. Le journaliste a dénoncé les faits à la police, mais d’autres menaces ont été proférées contre des policiers traitant l’affaire. Amir Alial Gonzalez a , quant à lui, porté plainte contre César Casavieja pour “diffamation”.

Dans la soirée du 16 mars 2007, César Casavieja se trouvait dans le quartier de Mercado del Puerto à Montevideo, quand Amir Alial González est descendu d’une voiture et s’est dirigé vers lui. “Il m’a tendu la main en souriant, et je pensais qu’il voulait me parler. Mais quand il m’a demandé mon nom et que je le lui ai donné, il s’est mis à me frapper au visage”, a expliqué le journaliste à Reporters sans frontières. “Trois policiers sont intervenus, mais ils ont laissé partir l’agresseur et m’ont menotté.”

César Casavieja a ainsi été accusé d’avoir agressé les policiers. Selon lui, “le rapport de police établi à la suite de l’agression a été modifié : deux fonctionnaires auraient été présents au lieu de trois, et des témoins m’auraient vu m’en prendre physiquement aux policiers”. Toujours selon le journaliste, “El Turco” est en liberté alors qu’il avait admis, lors de son arrestation en juin 2006, avoir effectué le chargement mais n’avoir “jamais rien su concernant la drogue”.

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