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Abjecte offensive sur Internet contre un journaliste spécialisé dans les enquêtes sur les crimes de la dictature

Abjecte offensive sur Internet contre un journaliste spécialisé dans les enquêtes sur les crimes de la dictature

Publié le mercredi 9 février 2011. Mis à jour le jeudi 10 février 2011.
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La “guerre psycho-politique” contre le gouvernement et la justice en Uruguay constitue l’objectif revendiqué d’un groupe d’extrême droite baptisé “Forum Liberté et Concorde” (Foro Libertad y Concordia) présent sur le réseau social Facebook. Pour avoir dénoncé cette croisade dans la revue hebdomadaire Caras y Caretas (http://200.40.211.253/detail.asp?IdEdition=102&NewsId=772&Portal=1), le 4 janvier 2011, le journaliste Roger Rodríguez, l’un des meilleurs spécialistes de l’époque de la dictature civico-militaire (1973-1985), fait depuis l’objet d’une campagne de haine et d’intimidation de la part de ce groupe.


Roger Rodríguez

Dans un commentaire posté le 7 février sur la page Facebook du “Forum Liberté et Concorde”, un dénommé Héctor Marcos Varela González décline l’état-civil complet de Roger Rodríguez, et fournit son numéro de carte d’identité, la localisation de son domicile ainsi que son numéro de téléphone fixe. Cette signalétique est assortie d’insultes et de messages menaçants. Reporters sans frontières se joint à l’Association de la presse uruguayenne (APU) et aux organisations uruguayennes de défense des droits de l’homme pour exprimer tout son soutien à Roger Rodríguez. Notre organisation appelle solennellement aux autorités à garantir la protection du journaliste. Elle demande également à Facebook de retirer des informations personnelles susceptibles de mettre un individu en danger comme c’est ici le cas. Cette page Facebook mérite d’être fermée car elle viole les conditions d’utilisation d’un réseau social.

Dans son article, Roger Rodríguez explique comment s’est constitué ce réseau de nostalgiques de la dictature, sous l’impulsion de militaires à la retraite convaincus de violation des droits de l’homme et aujourd’hui inquiets d’une possible annulation de la loi de caducité, qui leur garantissait l’impunité depuis le retour à la démocratie. Bénéficiant d’appuis dans d’autres pays victimes du Plan Condor – en Argentine notamment - et ailleurs en Amérique latine, le “Forum Liberté et Concorde” a vu le jour en décembre 2010 autour de María Noel Larrosa Rombys, fille d’un officier gravement mis en cause pour des actes de torture commis sous la dictature.

En avril 2008, la justice uruguayenne avait classé sans suite une plainte en “diffamation” déposée contre Roger Rodríguez par l’ancien militaire Enrique Mangini Usera, mis en cause dans l’assassinat d’un étudiant en 1972. Ce sombre passé continue d’exposer les journalistes qui veulent en parler à des intimidations ou à des menaces. Ainsi, en 2006, Alfonso Lessa, collaborateur de la chaîne Canal 12 et du quotidien El País à Montevideo. Nous espérons, à cet égard, que l’Uruguay suivra bientôt le même chemin que l’Argentine et la Bolivie en déclassifiant ses archives du Plan Condor.

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