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Procès Zarakolu-KCK : libérations au compte gouttes et prochaine audience le 1er octobre

Procès Zarakolu-KCK : libérations au compte gouttes et prochaine audience le 1er octobre

Publié le lundi 16 juillet 2012. Mis à jour le vendredi 19 octobre 2012.
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Le 13 juillet 2012, prenait fin la première série d’audiences du procès du célèbre journaliste, éditeur et défenseur des droits de l’homme Ragip Zarakolu et de 204 autres prévenus, accusés d’entretenir des liens avec la rébellion kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).

Présente à la première et à la dernière audience, Reporters sans frontières regrette le faible nombre de remises en liberté conditionnelle, contrastant avec les promesses du gouvernement de faire de la détention préventive une exception. L’organisation est également très préoccupée par l’étrange cambriolage d’un véhicule loué par une délégation d’observateurs internationaux. Elle appelle à une enquête approfondie pour en identifier les responsables.

Au terme de deux semaines d’instruction, la 15ème chambre de la cour d’Assises d’Istanbul a décidé de remettre en liberté conditionnelle le journaliste Kazim Seker, rédacteur du quotidien pro-kurde Özgür Gündem (Agenda libre). Il était incarcéré depuis octobre 2011 dans le cadre de l’enquête ouverte contre le KCK (Union des Communautés du Kurdistan), soupçonné d’être la branche urbaine du PKK. Quinze autres prévenus, dont la célèbre académicienne Büsra Ersanli, ont été libérés sur le fondement de la Loi n°6352, fruit du « troisième paquet de réformes judiciaires » entré en vigueur le 5 juillet dernier pour limiter le recours à la détention préventive.

En revanche, le chroniqueur du quotidien en langue kurde Azadiya Welat (Pays libre) Hasan Özgünes est maintenu en détention, tout comme la traductrice Ayse Berktay, cadre du parti pro-kurde BDP, et Deniz Zarakolu, le fils de Ragip Zarakolu. Malgré les dispositions de la Loi n°6352, la cour n’a guère fourni d’éléments concrets pour justifier cette décision. Elle s’est contentée d’affirmer qu’il existait selon elle de forts soupçons quant à ses connections avec la rébellion kurde, que l’enquête était encore en cours pour rassembler des pièces à conviction, et qu’une mesure de contrôle judiciaire risquerait de ne pas être efficace.

Sur les 205 accusés de ce procès fleuve, 124 attendront donc derrière les barreaux la prochaine audience, qui se tiendra du 1er au 9 octobre 2012.

Etrange cambriolage

Le véhicule loué par une délégation de PEN International et de l’Association internationale des éditeurs (IPA) (lien) a été cambriolé, le 2 juillet, devant la prison de Silivri où se tenait le procès. Une vitre a été incisée de façon professionnelle pour ouvrir la portière de la voiture, garée à quinze mètres des gendarmes. Si la majeure partie de l’argent laissé dans le véhicule n’a pas été touchée, les ordinateurs portables et les téléphones des membres de la délégation ont été volés, ainsi que le dossier qu’ils avaient préparé pour une conférence de presse.

La directrice du Comité des écrivains en prison de PEN International, Sarah Wyatt, avec qui s’est entretenu le correspondant de Reporters sans frontières, a affirmé mieux comprendre le sentiment d’insécurité ressenti par les défenseurs des droits de l’homme en Turquie. “On peut voir une simple coïncidence dans le fait que seule notre voiture ait été cambriolée et qu’on nous ait volé le dossier [préparé pour la conférence de presse]. Mais nous avons quand même commencé à nous demander si nous étions suivis. Nous comprenons à quel point cela peut être difficile pour les journalistes et écrivains sur place de vivre ce genre de paranoïa tous les jours”, a-t-elle confié.

Dans un autre volet de l’affaire KCK, le procès de 37 avocats incarcérés depuis l’automne s’ouvrira le 16 juillet.

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