Reporters sans frontières

Zouheir Makhlouf passé à tabac par un policier en civil

Zouheir Makhlouf passé à tabac par un policier en civil

Publié le lundi 20 décembre 2010. Mis à jour le mardi 21 décembre 2010.
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Le 17 décembre 2010, le journaliste Zouheir Makhlouf a été sauvagement agressé par la police politique, devant son domicile, à Tunis. Correspondant pour le site en ligne assabilonline (www.assabilonline.net) et cadre du Parti démocrate progressiste (PDP), Zouheir Makhlouf s’apprêtait à se rendre dans la ville de Sidi Bouzid (265 km au sud de la capitale), pour y couvrir les événements en cours.

Reporters sans frontières condamne fermement cette agression. Une telle attitude est inacceptable de la part des forces de l’ordre. Nous constatons une fois de plus l’acharnement des autorités publiques à réduire les journalistes au silence. Le pouvoir politique doit s’ouvrir aux libertés publiques, et ne pas recourir systématiquement à l’intimidation et à la violence.

« Je venais d’apprendre l’immolation par le feu d’un jeune homme (Mohamed Bouazizi, jeune diplômé au chômage, qui venait de se faire saisir son étal de fruits et légumes par la police, ndlr) devant la municipalité de Sidi Bouzid. J’ai voulu faire des images et traiter le sujet pour le site Assabilonline. Je suis sorti de chez moi avec ma caméra à 15 heures. Un policier en civil, armé d’un bâton, m’a frappé aux jambes et au visage. Tout cela devant ma femme et ma fille, qui ont essayé de s’interposer et de me défendre. Il a réussi à me voler ma caméra et s’est enfui », a déclaré Zouheir Makhlouf à Reporters sans frontières.

Zouheir Makhlouf a été emmené d’urgence à l’hôpital militaire de la capitale pour y subir des examens et passer des radios. Le journaliste est couvert de contusions graves au visage, aux bras et aux jambes du côté droit.

Depuis la tentative d’immolation de Mohamed Bouazizi, des émeutes secouent Sidi Bouzid. Les environs sont bouclés par les forces de sécurité. Plusieurs personnes ont fait l’objet d’agressions de la part de membres de la police. 80 personnes auraient déjà été arrêtées.

Reporters sans frontières rappelle également que Fahem Boukadous, journaliste pour la chaîne El-Hiwar Ettounsi, est détenu depuis le 15 juillet dernier à la prison de Gafsa. Il purge une peine de quatre ans de prison ferme. Son épouse Afef Bennaceur est quotidiennement harcelée par des policiers en civil (pour information : http://fr.rsf.org/tunisie-triste-anniversaire-pour-la-06-11-2010,38762.html).

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