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Libération d’un militant accusé d’avoir distribué un journal interdit

Publié le vendredi 5 mars 2004.
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Alani Taione a été libéré sous caution le 4 mars 2004. Le militant démocrate a également pu récupérer son passeport et retourner en Nouvelle-Zélande, son pays de résidence depuis 1987, à la condition de revenir aux Tonga pour y être jugé. Taione reste accusé d’avoir importé une publication interdite et doit comparaître devant la Cour suprême le 24 mars.


Le militant démocrate Alani Taione, résidant en Nouvelle-Zélande, a été arrêté à la sortie des funérailles de son père, le 18 février 2004, aux Tonga. Il risque une peine de prison pour avoir importé et distribué la publication interdite Taimi ’o Tonga.

Reporters sans frontières proteste contre l’arrestation d’Alani Taione dont le seul crime est d’avoir ramené dans son pays d’origine un magazine d’informations. L’organisation a demandé au Premier ministre des Tonga, le prince ’Ulukalala Lavaka Ata, sa libération immédiate et la levée des charges qui pèsent sur lui. "L’arrestation d’Alani Taione est une nouvelle étape regrettable dans la politique de muselage de la presse indépendante ordonnée par le roi Taufa’ahau Tupou IV", a déclaré Reporters sans frontières.

Alani Taione, un militant démocrate de 38 ans originaire des Tonga et résidant en Nouvelle-Zélande depuis 1987, a été présenté devant un juge des Tonga, le 19 février 2004, après avoir été arrêté la veille. Les autorités lui reprochent d’avoir importé et distribué dans le pays une vingtaine d’exemplaires de l’hebdomadaire Taimi ’o Tonga, imprimé en Nouvelle-Zélande. A l’aéroport de l’île, Alani Taione s’est présenté devant les douaniers en arborant ostensiblement un exemplaire du journal en signe de défiance à la censure de Taimi ’o Tonga. Les douaniers l’ont laissé distribuer les autres exemplaires du journal dans l’aéroport. Quelques heures plus tard, des policiers l’ont interpellé à la sortie des funérailles de son père.

Le 26 février 2003, le gouvernement a interdit l’importation du bihebdomadaire privé Taimi ’o Tonga (Times of Tonga), accusé d’avoir un "agenda politique" et des "standards journalistiques inacceptables". Critique à l’égard des autorités, le journal dénonce régulièrement la corruption du roi Taufa’ahau Tupou IV et de ses proches. Après une longue bataille avec la Cour suprême, le monarque a modifié la Constitution pour permettre l’interdiction définitive de Taimi ’o Tonga.

L’adoption en 2003 de deux nouvelles lois, le Newspaper Act et le Media Operators Act, a également permis au gouvernement de restreindre le nombre de licences accordées aux médias privés.

Depuis le 31 janvier 2004, date à laquelle les directeurs de publication devaient déposer leur demande de licence, le gouvernement n’a accordé des autorisations qu’à des publications gouvernementales ou liées à l’Eglise. Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères a récemment demandé au gouvernement des Tonga de revenir sur le refus d’accorder des licences à au moins trois publications privées.

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