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Le photojournaliste Didier Ledoux brutalisé par des gendarmes, et un journal condamné à une forte amende

Le photojournaliste Didier Ledoux brutalisé par des gendarmes, et un journal condamné à une forte amende

Publié le mercredi 25 août 2010. Mis à jour le vendredi 17 septembre 2010.
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Reporters sans frontières déplore la violente interpellation dont a été victime Didier Ledoux, le 25 août 2010, devant le palais de justice de Lomé où se déroulait le procès de plusieurs médias. Le photojournaliste avait déjà subi, deux semaines auparavant, des menaces de la part du lieutenant-colonel français Romuald Letondot.

"Quinze jours après avoir été violemment pris à partie par un officier français en marge d’une manifestation, il est déplorable que Didier Ledoux ait été cette fois victime de la brutalité des gendarmes togolais. Nous appelons les représentants de l’Etat à cesser de traiter les journalistes en ennemis. Faut-il rappeler que celui-ci ne fait que son travail lorsqu’il prend une photo d’un bâtiment public ?", s’est interrogée Reporters sans frontières.

Le 25 août, Didier Ledoux, photographe pour Liberté Hebdo, est sorti du palais de justice pour photocopier la citation à comparaître d’un journal. "A mon retour, j’ai pris en photo un angle du palais pour illustrer mon article, tout comme un confrère cameraman. Avant d’entrer dans le palais, un gendarme m’a apostrophé et a tenté de me traîner vers leur véhicule pour me dire quelque chose", a expliqué Didier Ledoux à Reporters sans frontières.

Estimant avoir été pris en photo, les gendarmes ont voulu faire effacer l’image. Face au refus du journaliste, ils l’ont traîné de force vers une Toyota 4x4 de la gendarmerie, l’ont roué de coups et l’ont embarqué à destination de leur camp. "Ils m’ont frappé au cou et aux côtes et me poussaient sous leur banquette. Dans le véhicule, ils me disaient que je constituais une ’merde’ pour eux depuis 2007", a déclaré le journaliste.

Dans les minutes qui ont suivi, l’Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT) et un Comité des patrons de presse ont joint par téléphone le commandant de la gendarmerie, qui a aussitôt promis de faire libérer le confrère. Une demi-heure après, Didier Ledoux réapparaissait au palais de justice de Lomé. "Ils m’ont largué juste avant d’atteindre le camp de la gendarmerie (au cœur de la ville de Lomé). Ils n’ont pas retiré mon appareil ni réclamé la photo incriminée", a expliqué le journaliste. Celui-ci se plaint d’avoir été blessé par les agents, et a consulté un médecin. Il attend les résultats de l’analyse.

Lire le communiqué de Reporters sans frontières sur l’incident qui a opposé Didier Ledoux au lieutenant-colonel Romuald Letondot, le 10 août dernier.

Peu avant l’interpellation de Didier Ledoux, le bimensuel régional Tribune d’Afrique, publié au Bénin, avait été condamné à payer 60 millions de francs CFA (plus de 90 000 euros) de dommages à Mey Gnassingbé, demi-frère du chef de l’Etat togolais, accusé par le journal d’être impliqué dans un trafic de drogue. Le journal est interdit de distribution et de mise en vente sur le territoire togolais. Il doit payer, en outre, trois millions de francs CFA pour "diffusion de fausses nouvelles" et "diffamation". Tribune d’Afrique affirme vouloir faire appel de la décision. L’article incriminé s’intitulait "Trafics de drogues au sommet de l’Etat, le Togo dans les réseaux, Mey Gnassingbé indexé".

Enfin, le procès pour "diffamation" opposant le chef de l’Etat togolais à l’hebdomadaire privé L’Indépendant-Express a été renvoyé au 29 septembre 2010. Le président de la République, Faure Gnassingbé, réclame 100 millions de francs CFA (plus de 150 000 euros) au journal "au titre de dédommagement pour avoir cité son nom dans des articles évoquant une affaire de moeurs". Dans son édition du 22 juin 2010, l’hebdomadaire avait soutenu que le président de la République et l’ancien capitaine de l’équipe nationale de football, Emmanuel Adebayor, se disputaient les faveurs de Miss Togo 2004.

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