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Reporters sans frontières réitère sa demande de libération de Somyot Prueksakasemsuk

Reporters sans frontières réitère sa demande de libération de Somyot Prueksakasemsuk

Publié le vendredi 4 mai 2012. Mis à jour le lundi 28 janvier 2013.
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Les témoins de la défense et de l’accusation se sont succédés, du 1er au 4 mai 2012, dans le procès pour crime de lèse-majesté de Somyot Prueksakasemsuk, ancien rédacteur en chef du magazine Voice of Taksin, interdit dans le royaume depuis 2010. Reporters sans frontières réitère sa demande de libération.

« Les neuf demandes de libération sous caution de Somyot Prueksakasemsuk ont toutes été rejetées par le tribunal depuis un an, au motif qu’il aurait pu influencer les témoins de la défense et de l’accusation en étant libre avant son procès. Maintenant que cette période est passée, Reporters sans frontières demande sa libération immédiate et inconditionnelle. », a déclaré l’organisation internationale de défense de la liberté d’information.

Le 1er mai 2012, une correspondante de Reporters sans frontières a pu s’entretenir brièvement avec Somyot Prueksakasemsuk après son témoignage. « Je souhaite seulement exposer les faits. Si je suis puni pour cela, alors tant pis ». Selon la femme de l’ancien rédacteur en chef, qui lui rend visite en prison une fois par semaine, s’il semble bien traité, en revanche sa santé mentale se détériore.

Durant le témoignage qu’il a donné le 1er mai pour assurer la première partie de sa défense, Somyot Prueksakasemsuk a assuré qu’aucune référence à la monarchie n’était faite dans les articles incriminés : « Je n’imaginais vraiment pas que ces articles pourraient paraître critiquer la monarchie. Pour moi, l’auteur ne mentionnait que l’élite thaïe », a-t-il déclaré. Pour la première fois, il a révélé l’identité de Jit Polachan, l’auteur des deux articles publiés en février 2010 pour lesquels il est incriminé.

« Les articles en question ne font pas explicitement référence à la monarchie. Il s’agit donc ici d’une interprétation particulière des articles et de la loi pour punir un opposant au parti au pouvoir », a continué Reporters sans frontières. « Nous condamnons la manipulation politique de la loi draconienne du crime de lèse-majesté pour réduire Somyot Prueksakasemsuk au silence et demandons au tribunal de ne pas le condamner sur la base d’une interprétation purement subjective de ces articles ».

Le 24 avril 2012, ses deux avocats ont également déposé un recours à la Cour Constitutionnelle de Thaïlande concernant l’article sur le crime de lèse-majesté, pour en contester la constitutionnalité et vérifier sa conformité avec les standards légaux internationaux.

Militant du Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), Somyot Prueksakasemsuk, 50 ans, avait été arrêté, le 30 avril 2011, pour avoir refusé de révéler la véritable identité de Jit Polachan, auteur de deux articles considérés comme diffamatoires à l’égard du roi. Il a été inculpé le 2 mai 2011 et risque 30 ans de prison pour deux accusations de lèse-majesté portées officiellement contre lui le 26 juillet. Le verdict ne sera pas rendu avant que la Cour Constitutionnelle ne rende son jugement à la Cour criminelle.

La Thaïlande fait partie des pays “sous surveillance” du rapport des Ennemis d’Internet publié par Reporters sans frontières chaque année.

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