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ERRATUM - Deux journalistes tués dans un tir ciblé de l'aviation israélienne

ERRATUM - Deux journalistes tués dans un tir ciblé de l’aviation israélienne

Publié le lundi 25 février 2013. Mis à jour le mardi 26 février 2013.
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Après des recherches approfondies menées par Reportes sans frontières, deux journalistes palestiniens, et non pas trois, ont été tués par l’armée israélienne, le 20 novembre 2012, lors de l’opération “Pilier de Défense”. En effet, Mohammed Moussa Abu Eisah, considéré à tort par l’organisation comme un professionnel des média, était combattant d’Al-Quds Brigades, branche armée du Jihad islamique en Palestine, quand il a été tué.


21 novembre 2012 - Trois journalistes tués dans un tir ciblé de l’aviation israélienne

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Trois journalistes ont été tués, le 20 novembre 2012, septième jour de l’opération “Pilier de Défense” dans la bande de Gaza. La tour dans laquelle se trouvent les bureaux de l’Agence France-Presse (quartier de Rimal) a également été touchée par une frappe israélienne le même jour dans la soirée.

Deux cameramen palestiniens de la chaîne de télévision du Hamas, Al-Aqsa TV, Mohamed Al-Kawmi et Hossam Salameh, ont été tués dans le bombardement de leur véhicule par l’aviation israélienne, ce 20 novembre 2012, vers 18 heures 10 (heure locale). Les deux journalistes se trouvaient rue Nasser, à Gaza, en route pour les quartiers nord de la ville pour filmer les victimes palestiniennes des raids israéliens. Un avion de chasse a alors tiré un missile, visant directement le véhicule de l’équipe d’Al-Aqsa TV, estampillé du sigle “I’lam” (média, en arabe).

Vers 20 heures, Mohammed Moussa Abu Eisah, directeur exécutif de la radio éducative Al-Quds, a été tué alors qu’il circulait à bord de son véhicule rue Al-Baraka, dans le quartier de Deir Al-Balah (Gaza City), touché par un tir de missile.

Dans la soirée, le porte-parole de l’armée israélienne, Lt.Colonel Avital Leibovitch a déclaré que les premiers résultats de l’enquête indiquaient que les trois journalistes avaient des liens avec le Hamas.

Tard dans la soirée, la tour dans laquelle sont situés les bureaux de l’Agence France-Presse (quartier de Rimal) a été touchée par trois frappes israéliennes. Aucun journaliste de l’agence n’a été blessé. L’armée israélienne a confirmé avoir visé de manière ‘chirurgicale’ le septième étage du bâtiment (de huit étages), qui abriterait, d’après leurs informations, une cellule du renseignement militaire du Hamas.

Vers 23 heures, l’armée israélienne a clairement mis en garde les journalistes présents à Gaza de se tenir à l’écart des activistes du Hamas et des lieux dans lesquels ils opèrent. “Le Hamas est un groupe terroriste ; ils se serviront de vous comme boucliers humains”, est le message posté sur Twitter.


Dans une interview accordée à Al-Jazeera, le 18 novembre 2012, le porte-parole du gouvernement israélien, Mark Regev, avait déclaré que pour Tsahal, les journalistes d’Aqsa TV n’étaient pas des “journalistes légitimes” au même titre que des journalistes de la BBC ou d’Al-Jazeera.

Reporters sans frontières condamne fermement ces tirs délibérés de l’armée israélienne contre des professionnels de l’information de médias affiliés ou proches du Hamas, ainsi que les déclarations du porte-parole du gouvernement israélien. L’organisation rappelle que les journalistes disposent, selon le droit humanitaire, des mêmes protections que les civils et ne sauraient être considérés comme des objectifs militaires.

Le seul fait qu’il s’agisse de médias de propagande n’est pas suffisant pour en faire une cible militaire. En effet, le Comité d’experts établi par le Procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour analyser la campagne de bombardement de l’OTAN en 1999 avait précisé qu’un journaliste ou un média n’est pas “une cible légitime” du seul fait qu’il diffuse de la propagande”.

“Les attaques contre des cibles civiles constituent des crimes de guerre et des infractions graves aux Conventions de Genève pour lesquels les responsabilités doivent être établies”, avait estimé Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation le 18 novembre 2012.

Depuis le début de l’opération militaire “Pilier de défense” de l’armée israélienne contre la bande de Gaza, onze journalistes ont également été blessés :

  • six dans le tir contre la tour Al-Shawa Wa Hassri le 18/11/2012 à deux heures du matin ;
  • trois d’Al-Aqsa, dans le bombardement du bâtiment Al-Shourouk, connu comme l’"immeuble des journalistes” le 18/11/2012 à sept heures du matin ;
  • deux le 19/11/2012. En début d’après-midi, l’armée israélienne a visé le bâtiment Al-Shourouk situé dans le quartier de Rimal (ouest de Gaza). Deux journalistes ont été blessés par cette nouvelle salve de missiles : Ahmed Al-Ridi, cameraman pour Al-Arabiya, et Ahmed Al-Achkar, cameraman pour la chaîne locale Houna Al-Qods TV. D’après les médecins de l’hôpital Al-Shifa à Gaza, leurs blessures étaient légères. Une fois soignés, ils ont été autorisés à rentrer chez eux deux heures après leur admission. D’après le porte-parole de l’armée israélienne, l’aviation militaire israélienne visait Ramez Harb, un responsable de la communication de Saraya Al-Qods, la composante militaire du Jihad islamique.

Une dizaine de bureaux de médias au total ont été touchés les 18 et 20 novembre 2012.

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