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La traque de l’opposition pousse les journalistes de N’Djamena à fuir vers les pays voisins

Publié le lundi 11 février 2008.
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Reporters sans frontières est très préoccupée par les opérations de police visant plusieurs journalistes de N’Djamena, lancées par les autorités tchadiennes après l’offensive manquée d’une coalition de mouvements rebelles contre la capitale.

"Plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées et sont actuellement détenues au secret, quelque part dans la capitale. Il n’est donc pas illégitime de s’inquiéter sérieusement pour les journalistes, que le pouvoir tchadien a souvent identifiés à l’opposition la plus radicale. Or, la presse de N’Djamena est muselée de fait. Cette chasse à l’homme angoissante et absurde doit donc cesser", a déclaré l’organisation.

Peu après la fin des combats dans la capitale, début février 2008, plusieurs journalistes ont échappé à une arrestation par des hommes en tenue militaire, soupçonnés d’être des agents des Renseignements généraux. Ainsi, le 6 février vers 17 heures, deux hommes en uniforme et portant un turban, circulant sur une moto sans plaque d’immatriculation, se sont présentés au domicile de Laldjim Narcisse, journaliste de l’hebdomadaire privé Le Temps et correspondant de Reporters sans frontières. Ils ont exigé que les enfants présents dans la maison leur indiquent où se trouvait le journaliste, lequel avait quitté le pays peu après la fin des combats.

Les militaires ont également demandé à être conduits au domicile de Michael Didama, directeur de publication du Temps. Dans les jours qui ont suivi, les deux hommes se sont présentés deux fois de suite au domicile de ce dernier, ainsi qu’au siège du journal.

Selon les informations de Reporters sans frontières, plusieurs autres journalistes ont été les cibles de tentatives d’arrestation dans les jours suivants. Six militaires circulant dans un véhicule tout-terrain Toyota se sont présentés au domicile d’Eloi Miandadji, directeur de publication de l’hebdomadaire satirique Le Moustik, le 8 février, pour l’arrêter.

Par ailleurs, Dobian Assingar, cofondateur de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) et directeur de la station privée FM Liberté, fermée sur ordre du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique depuis le 16 janvier 2008, se cache après que son domicile a été détruit par un obus.

Dans ce contexte, de nombreux journalistes de la capitale ont fui vers le Cameroun ou le Nigeria voisins, à la faveur des jours d’accalmie ayant suivi l’échec de l’offensive rebelle. Certains, identifiés comme journalistes par les forces de sécurité, ont fait l’objet de vexations ou d’agressions de la part de militaires. Modilé Belrangar, journaliste de la station commerciale privée Ngato FM, a par exemple été dépouillé de sa carte professionnelle et de son téléphone portable par deux militaires, à l’entrée sud de N’Djamena, alors qu’il rentrait dans la capitale par le pont reliant le Tchad et le Cameroun.

Le lendemain, au même endroit, des militaires ont détruit les images prises par Frank Nakingar, maquettiste de l’hedomadaire privé Sarh Tribune, l’une des rares publications de la région du Moyen-Chari (Sud), lors de l’entrée des rebelles dans N’Djamena et lors de l’exode de dizaines de milliers d’habitants de la capitale vers Kousseri, la ville camerounaise voisine.

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