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La justice lève la sanction pesant sur l'hebdomadaire La Voix

La justice lève la sanction pesant sur l’hebdomadaire La Voix

Publié le jeudi 7 janvier 2010.
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Le 6 janvier 2010, le tribunal de première instance de N’Djamena a déclaré La Voix "non coupable" des faits qui lui étaient reprochés, l’a relaxé "pour cause de forclusion" et a ordonné "la mainlevée de la saisie provisoire intervenue en date du 3 décembre 2009". Le verdict en appel est attendu pour le 13 janvier.

"Nous avons bon espoir quant à la décision en appel. Nous préparons déjà notre prochaine parution et nous pensons pouvoir publier à nouveau le journal dès le 12 janvier", a confié le rédacteur en chef du journal, Eloi Miandadji, à Reporters sans frontières.

Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), l’avocat du journal, Me Jean-Bernard Padaré, a indiqué : "C’est le triomphe du droit et c’est la preuve que La Voix a été régulièrement constitué."

"Avec la saisie des exemplaires du journal, mais surtout l’enlèvement de son directeur de publication et de son comptable, l’acharnement contre La Voix avait pris des proportions inacceptables et inquiétantes. Nous accueillons avec beaucoup de soulagement cette décision qui répare enfin une injustice", a conclu Reporters sans frontières.

Lire la Lettre ouverte au ministre de l’Intérieur suite à l’enlèvement du directeur de publication de l’hebdomadaire La Voix


03.12.09 - La justice ordonne la saisie de toutes les publications du journal La Voix

Le tribunal de N’Djamena a ordonné, le 3 décembre, l’exécution automatique de saisie de toutes les publications du journal La Voix.

"Nous condamnons cette décision infondée qui traduit une volonté réelle de faire fermer l’hebdomadaire. Les menaces du ministre de l’Intérieur ont malheureusement été mises à exécution", a déclaré Reporters sans frontières.

"C’est une décision politique et entachée d’irrégularités", s’insurge Maître Jean-Bernard Padaré, un des avocats du journal qui souhaite continuer la parution.

Faute de pouvoir ordonner légalement la fermeture de ce journal privé, le tribunal de première instance a prononcé cette décision qui revient concrètement au même résultat.

Le juge s’est fondé sur l’absence d’un directeur de publication pour motiver sa décision. Pourtant, La Voix en a un en la personne d’Innocent Ebodé, de nationalité camerounaise. Or, ce sont les autorités tchadiennes elles-mêmes qui l’ont expulsé du pays, le 14 octobre, sans raison légale. Selon nos informations, ce dernier se dirigerait vers le Tchad afin de contester cette décision.


30.11.2009 - L’hebdomadaire La Voix victime de l’acharnement des autorités

Reporters sans frontières exprime sa profonde inquiétude concernant l’acharnement dont est victime l’hebdomadaire privé La Voix. Le 28 novembre 2009, l’un de ses journalistes a été interpellé pendant plusieurs heures après avoir été invectivé par le ministre de l’Intérieur. Les autorités contestent la "régularité" de l’hebdomadaire, dont le sort doit être jugé en délibéré le 3 décembre prochain.

"Après avoir expulsé le rédacteur en chef, puis exercé de fortes pressions, depuis plus de six semaines, sur les membres et les actionnaires du journal La Voix, les autorités tchadiennes cherchent à obtenir sa fermeture. Nous dénonçons vigoureusement ces manœuvres odieuses contre une publication qui n’a commis aucune irrégularité ni aucune faute, sinon celle de connaître un certain succès depuis son lancement en mai 2009, tout en échappant au contrôle du gouvernement. Nous demandons aux autorités d’abandonner ces poursuites et de permettre au journal de travailler librement", a déclaré l’organisation.

Le 28 novembre, Eloi Miandadji, journaliste pour La Voix, couvrait la passation de service du directeur général de la police, à laquelle assistait le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Ahmat Mahamat Bachir. Après que le journaliste s’était présenté comme un reporter de La Voix dans le but d’obtenir une interview, le ministre s’en est pris à lui. Le journaliste a été interpellé et contraint de signer un document dans lequel il s’engageait à ne rien publier sur cette passation de service. La carte mémoire de sa caméra a été confisquée. Le ministre a déclaré devant plusieurs témoins que La Voix serait "fermé bientôt".

Deux jours plus tôt, le dossier du journal La Voix était passé en référé. Le tribunal doit donner son verdict le 3 décembre prochain. "Nous savons tous que ce journal est en règle, aussi bien sur le plan administratif que financier. Les autorités lui reprochent de recevoir des financements étrangers, notamment français. C’est ridicule", a déclaré à Reporters sans frontières un journaliste de N’Djamena, sous couvert d’anonymat.

Le 18 novembre, les actionnaires de La Voix ont été convoqués par le service central des Renseignements généraux. Un mois plus tôt, le 14 octobre, le rédacteur en chef du journal, Innocent Ebodé, de nationalité camerounaise, avait été expulsé du Tchad alors qu’il était en situation régulière. Plus d’informations.

Le Tchad occupe la 132e place, sur 175 pays, du classement 2009 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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