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Le Journal des journaux, en soutien à Jean-Claude Nekim, interdit de diffusion

Le Journal des journaux, en soutien à Jean-Claude Nekim, interdit de diffusion

Publié le jeudi 27 septembre 2012.
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Après consultation du contenu du Journal des journaux imprimé en soutien à Jean-Claude Nekim, le procureur de la République a interdit sa diffusion et a ordonné à la gendarmerie, ce 27 septembre vers 16h30, de saisir les 5 000 exemplaires.

"Le caractère illégal de cette parution nous a amené à interdire que ce numéro spécial soit diffusé. Un journal doit au préalable avoir un récépissé délivré par le parquet et une autorisation du Haut conseil de la communication, ce qui n’est pas le cas", a justifié le procureur Mahamat Saleh Idriss, cité par l’Agence France-Presse (AFP).

Reporters sans frontières déplore la volonté des autorités tchadiennes de faire taire le mouvement de soutien à Jean-Claude Nekim. Face à cet acte de censure manifeste, l’organisation rappelle que le Journal des journaux, intitulé "C’en est assez !", peut être consulté en version PDF sur son site Internet.


27.09.2012 - Le Journal des journaux, en soutien à Jean-Claude Nekim, autorisé à paraître

Le Journal des journaux en soutien au journaliste Jean-Claude Nekim est finalement autorisé à paraître, a appris Reporters sans frontières. L’information selon laquelle cette édition spéciale était saisie à l’imprimerie, dans la matinée du 27 septembre 2012, sur ordre du procureur de la République, était consécutive à un malentendu. Le procureur a d’abord cru que le journal en cours d’impression était N’Djaména Bi-hebdo, suspendu pour trois mois. Apprenant qu’il ne s’agissait pas de ce journal mais d’une édition spéciale collective, il ne s’est pas opposé à sa parution.

Le Journal des journaux intitulé "C’en est assez !" est actuellement sur les rotatives. Il paraîtra dans la journée. Le consulter en PDF :

PDF - 18.3 Mo
Journal des journaux pour Jean-Claude Nekim

Photo : Une du Journal des journaux en soutien avec Jean-Claude Nekim


27.09.2012 - Le Journal des journaux, en soutien à Jean-Claude Nekim, saisi sur ordre du procureur de la République

Le Journal des journaux intitulé "C’en est assez !", qui devait être diffusé le 27 septembre 2012, en soutien au directeur de publication de N’Djaména Bi-Hebdo, Jean-Claude Nekim, a été saisi à l’imprimerie, sur ordre du procureur de la République.

Cette édition spéciale avait été préparée par l’ensemble de la presse tchadienne indépendante et d’opposition, avec le soutien d’associations locales de défense des journalistes et la participation de Reporters sans frontières. Par cette initiative, ces titres de presse, qui ont suspendu pour une semaine leurs publications, visaient à protester contre les pressions politiques et judiciaires que subit Jean-Claude Nekim.

Pour contourner cette censure, Reporters sans frontières propose de télécharger en version PDF le Journal des journaux, intitulé "C’en est assez !" :

PDF - 18.3 Mo
Journal des journaux pour Jean-Claude Nekim

Le 18 septembre, Jean-Claude Nekim a été condamné à un an de prison avec sursis et un million de francs CFA (1 500 euros) d’amende pour "diffamation". Son journal, N’Djaména Bi-hebdo, le plus ancien titre de presse d’opposition, a été suspendu pour trois mois. Le journaliste est également poursuivi pour "outrage à magistrat", après la publication, en une de N’Djaména Bi-hebdo, d’une caricature de son procès.


18.09.2012 - Jean-Claude Nekim condamné à un an de prison avec sursis, son journal suspendu pour trois mois

Reporters sans frontières est consternée par la décision rendue par la justice tchadienne, le 18 septembre 2012, condamnant le journaliste Jean-Claude Nekim à un an de prison avec sursis et une amende d’un million de francs CFA (1500 euros), pour "diffamation". N’Djaména bi-hebdo, le journal d’opposition dont il est le directeur de publication, est suspendu pour trois mois.

Dans la même affaire, le président de l’Union des syndicats du Tchad (UST), Michel Barka, son vice-président, Younous Mahadjir, et son secrétaire général, François Djondang, ont été condamnés à de la prison avec sursis et des amendes. Ils ont été reconnus coupables d’"incitation à la haine" pour avoir fait circuler une pétition dénonçant l’"arbitraire du pouvoir Deby". Sous le titre "L’UST lance une pétition contre la mal gouvernance", une simple brève avait été consacrée à la pétition par le journal.

"Cette décision semble signifier que certains titres de presse ne sont pas autorisés à couvrir librement la crise sociale qui sévit au Tchad. Jean-Claude Nekim et N’Djaména bi-hebdo sont sanctionnés pour avoir évoqué un sujet d’intérêt général. La pétition incriminée dénonce des problèmes – mauvaise gestion, impunité, cherté de la vie, etc. – ressentis par une large partie de la population", a déclaré l’organisation, qui estime que le mauvais climat entre le pouvoir et la presse franchit une nouvelle étape avec ce verdict.

Interrogé par Reporters sans frontières, un journaliste tchadien ayant assisté à l’audience a affirmé : "C’était un procès expéditif. Le procureur n’a pas prouvé la diffamation. Les avocats de la défense ont quitté la salle en signe de protestation. Ce procès ressemble à un règlement de compte avec Jean-Claude Nekim et son journal. D’autres titres avaient publié en intégralité la pétition du l’UST. Ils n’ont pas été inquiétés ; c’est simplement N’Djaména bi-hebdo qu’on a frappé".

En juillet dernier, Reporters sans frontières s’était entretenue, à Paris, avec le ministre tchadien de l’Information et de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassan Sylla Bakari, qui avait assuré l’organisation que la liberté de l’information était garantie et protégée au Tchad.

"La liberté de la presse est un acquis dans notre pays. Nous ne la remettrons pas en cause. Chez nous, aucun journaliste n’est en prison et la liberté de ton est très forte. Le gouvernement est violemment attaqué dans la presse, mais c’est normal qu’il y ait des critiques. Je n’y vois pas d’inconvénient", avait-il affirmé.

Reporters sans frontières estime que ces déclarations ne peuvent plus être prises au sérieux alors que la justice s’empresse de prononcer des peines de prison, quand bien même avec sursis, contre un journaliste qui n’a fait que contribuer à la circulation d’une information d’intérêt général.

Photo : "Une" du journal tchadien N’Djamena bi-hebdo

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