Reporters sans frontières

Poursuite du procès du correspondant de la BBC, torturé en détention

Poursuite du procès du correspondant de la BBC, torturé en détention

Publié le mardi 23 août 2011. Mis à jour le mercredi 24 août 2011.
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Alors que se tient, depuis le 16 août 2011, à Khoudjand, le procès du correspondant de la BBC, Ourinboï Ousmonov, Reporters sans frontières exige à nouveau que la justice lève toutes les charges pesant contre lui.

“Les récentes allégations du journaliste quant aux tortures qu’il a subies en détention sont terribles. Elles doivent absolument faire l’objet d’une enquête sérieuse, de manière à ce que les coupables soient punis. Ces faits ne sont malheureusement que les derniers d’une longue liste d’irrégularités commises depuis l’arrestation du journaliste le 13 juin dernier : longue privation du droit à la défense, déclarations obtenues par la force, absence de preuves... L’acquittement d’Ourinboï Ousmonov est le seul moyen pour les autorités de sortir la tête haute de cette affaire”, a déclaré Reporters sans frontières.

Comme le rapporte un communiqué de la BBC du 19 août, lors des audiences du procès qui se sont tenues la semaine dernière, Ourinboï Ousmonov a confirmé avoir été passé à tabac et avoir subi des brûlures de cigarettes.

Ourinboï Ousmonov a été arrêté le 13 juin 2011. D’abord accusé d’appartenance à Hizb-ut-Tahrir, il comparaît pour avoir “omis” d’informer les autorités de ses contacts avec ce parti islamiste interdit au Tadjikistan.


15.07.2011 - Le correspondant de la BBC libéré mais placé sous contrôle judiciaire

Reporters sans frontières a appris avec soulagement la remise en liberté, sous contrôle judiciaire, du correspondant de la BBC, Ourinboï Ousmonov, détenu depuis le 13 juin 2011.

“Tout en nous réjouissant de la libération de M. Ousmonov, qui a pu rejoindre sa famille après un mois de détention, nous réitérons notre appel à la levée de toutes les charges qui pèsent contre lui”, a déclaré Reporters sans frontières.

La libération conditionnelle du journaliste a été annoncée le 14 juillet par le procureur général Cherkhan Salimzade. Selon Mme Vohidova, l’avocate du journaliste interrogée par Reporters sans frontières, cette libération résulte de la “requalification des accusations portées contre lui, en l’absence de preuves” . Elle estime également que les “pressions exercées par la communauté internationale et les organisations de défense des journalistes” ont porté leurs fruits. Le journaliste est accusé d’avoir entretenu des liens avec le parti clandestin Hizb-ut-Tahrir sans en avertir les autorités.


13.07.2011 - En détention depuis un mois, Ourinboï Ousmonov doit être relâché sans délai

Cela fait maintenant un mois que Ourinboï Ousmonov, correspondant du service ouzbek de la BBC, est détenu par les services de sécurité du Tadjikistan. Le 12 juillet 2011, le Procureur général, Cherkhan Salimzade, a annoncé que l’enquête était close et que le dossier avait été transmis au parquet régional de Sughd (nord-ouest).

“L’envoi d’un ‘résumé’ du dossier d’instruction au président de la République Emomali Rakhmon suggère que les nombreux appels de la profession et de la communauté internationale pourraient avoir été entendus. L’affaire doit cependant rester du domaine de la justice, et nous espérons que la clôture de l’enquête mènera à un dénouement rapide et impartial, dans le respect des règles du droit international. L’enquête étant désormais close, plus rien ne s’oppose à la remise en liberté conditionnelle du journaliste. Celle-ci doit intervenir sans délai. Enfin, la crédibilité de la justice serait grandement renforcée si les vices de procédure constatés depuis l’arrestation de M. Ousmonov faisaient aussi l’objet d’une investigation sérieuse”, a déclaré Reporters sans frontières.

Arrêté le 13 juin dernier, le journaliste est poursuivi pour des liens présumés avec le parti islamiste Hizb-ut-Tahrir, illégal au Tadjikistan. M. Ousmonov couvrait les procès des membres du parti, à la demande de la BBC.


29.06.2011-Le correspondant de la BBC toujours en détention

Pour la deuxième semaine consécutive, le personnel de la BBC se mobilise aujourd’hui, à Londres et dans le monde, pour demander la libération de son correspondant Ourinboï Ousmonov, détenu à Khujand depuis le 13 juin 2011. Reporters sans frontières se joint à eux pour exiger une nouvelle fois la libération immédiate et sans conditions du journaliste. Les derniers développements dans cette affaire n’ont fait que renforcer les inquiétudes et les doutes sur la nature des accusations portées contre lui.

“L’abandon apparent du chef d’inculpation d’appartenance à une organisation interdite, s’il est confirmé, démontre de manière criante la légèreté du dossier d’accusation, a déclaré Reporters sans frontières. Les services de sécurité et la justice cherchent désormais à sauver la face. Les nouvelles accusations portées contre le journaliste sont irrecevables et constituent en elles-mêmes de graves violations de la liberté de la presse”.

Selon l’avocate d’Ourinboï Ousmonov, Faiziniso Vohidova, l’accusation d’appartenance au parti Hizb-ut-Tahrir aurait en effet été abandonnée, ce qui confirmerait que les services de sécurité (GKNB) ne sont pas en possession de preuves justifiant la détention du journaliste. Néanmoins, l’enquête continuerait et le journaliste resterait poursuivi pour ne pas avoir fait état aux autorités de ses contacts professionnels avec le parti interdit, et pour avoir publié des informations qui en émanent.Ourinboï Ousmonov disposait de toutes les accréditations nécessaires pour son travail. De plus, “un journaliste n’est pas obligé d’informer les autorités de ses recherches, ce serait contraire au principe de protection des sources”, souligne Mme Vohidova. Les seules “preuves” retenues contre lui seraient quelques livres et des documents du Hizb-ut-Tahrir retrouvés sur son ordinateur. “Comme nous l’avons souligné au moment de son arrestation, la possession de ces documents et la rencontre avec deux membres de Hizb-ut-Tahrir par Ourinboï Ousmonov participaient de son travail d’investigation sur le parti”, a rappelé Reporters sans frontières.

Faiziniso Vohidova et le directeur du service centre-asiatique de la BBC, Hamid Ismoilov, ont pu se rendre compte de la fragilité de son état physique et psychologique lors de récentes visites au centre de détention. “Même s’il a pu voir un médecin depuis son transfert en détention préventive, son état de santé est préoccupant”, a confirmé l’avocate à Reporters sans frontières. Âgé de 59 ans, Ourinboï Ousmonov souffre de diabète et de problèmes de coeur. Certains proches du journaliste font même état de mauvais traitements. “Ce qui s’est passé la nuit de son arrestation, du 13 au 14 juin, reste incertain” d’après son avocate, qui n’a pu le rencontrer qu’en présence du juge d’instruction. Elle espère pouvoir s’entretenir avec lui seul à seul dans la semaine.

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