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Un journaliste libanais tué à la frontière libano-syrienne

Un journaliste libanais tué à la frontière libano-syrienne

Publié le mardi 10 avril 2012.
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Reporters sans frontières a appris avec une profonde tristesse la mort d’Ali Chaabane, cameraman pour la chaine libanaise Al-Jadeed, tué par balle à la frontière libano-syrienne, dans l’après-midi du 9 avril 2012. Le journaliste était en mission avec deux collègues lorsque leur voiture a été la cible de tirs nourris.

“L’organisation adresse ses sincères condoléances à la famille, aux proches et aux collègues d’Ali Chaabane. Elle condamne avec fermeté cet acte qui, de toute apparence, était délibéré. Il est inacceptable que des journalistes soient la cible de telles violences. Les auteurs de ce crime doivent être traduits en justice au plus vite”, a déclaré Reporters sans frontières.

Les deux autres membres de l’équipe de télévision, Hussein Khreiss et Abed Khayyat, ont été blessés lors de l’attentat. Leurs vies ne sont plus en danger. D’après Al-Jadeed, les trois journalistes se trouvaient du côté libanais. Cependant, “les tirs venaient du territoire syrien”, a affirmé Hussein Khreiss sans avoir pu identifier les auteurs de l’attaque. De son côté, Abed Khayyat a déclaré avoir vu “des soldats syriens de l’autre côté de la frontière” tirer sur la voiture.

“Hussein Khreiss et Abed Khayyat ont échappé à la mort par miracle. Leur voiture a été prise pour cible sans avertissement préalable. Une pluie de balles s’est abattue sur eux. Ali Chaaban a été touché par plusieurs tirs et n’a pas pu sortir du véhicule, alors que les deux autres journalistes ont réussi à s’échapper en rampant sur une longue distance pour se mettre à l’abri des tirs. Ils sont restés trois heures sans aide, avant d’être finalement secourus par des habitants de Wadi Khaled”, a expliqué lundi une présentatrice de la chaîne libanaise. Hussein Khreiss a précisé que la voiture “a été complétement détruite par les balles”.

D’après le quotidien libanais Al-Liwaa, les trois journalistes libanais auraient croisé, très peu de temps avant l’incident, une patrouille de gardes-frontières syriens. Ils se seraient salués et les journalistes leur auraient expliqué la nature de leur travail.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a confirmé que l’équipe se trouvait sur le territoire libanais au moment de l’attaque. Condamnant “cet acte inacceptable”, il a demandé à l’armée libanaise d’enquêter sur les circonstances du drame, réclamant également l’ouverture d’une enquête du côté syrien.

De son côté, l’agence officielle syrienne Sana a déclaré qu’Ali Chaabane avait été tué lors d’un échange de tirs entre des soldats syriens et des rebelles qui tentaient de s’infiltrer en Syrie, expliquant que la région frontalière où se trouvait l’équipe de télévision, au Nord du Liban, était un lieu d’accrochages réguliers entre les “terroristes” et l’armée syrienne.

Enterré aujourd’hui à Mayfadoun, au Sud-Liban, Ali Chaabane était âgé de 32 ans et sur le point de se marier. “Il était toujours prêt à mettre sa vie en danger au service de son travail”, a commenté une présentatrice d’Al-Jadeed.

La maison d’un journaliste détruite par les chars syriens

Reporters sans frontières condamne également la destruction de la maison de famille du journaliste syrien expatrié Moussa Al-Omar, le 7 avril 2012, à Idleb au nord de la Syrie, région où s’intensifient les combats et la répression contre les rebelles syriens.

Après avoir pillé la maison, emporté plusieurs dossiers privés et saisi des ordinateurs et des passeports de membres de la famille, les chars de l’armée syrienne ont pris d’assaut la maison du présentateur de la chaîne Al-Hiwar TV, basée à Londres qui invite régulièrement sur son plateau des figures de l’opposition syrienne.

L’armée et le régime syrien essaient une nouvelle fois d’intimider les journalistes qui travaillent à l’étranger. Le 11 août 2011, le domicile damascène de Moussa Al-Omar avait été attaqué par les services de sécurité.

Devenu l’un des “conspirateurs” les plus décriés, Moussa Al-Omar est l’homme à abattre pour le régime de Bachar Al-Assad, au même titre que tous les journalistes qui continuent leur travail d’information sur les violences du régime

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