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Le rédacteur en chef du journal d'opposition Uthayan laissé pour mort après une violente agression à Jaffna

Le rédacteur en chef du journal d’opposition Uthayan laissé pour mort après une violente agression à Jaffna

Publié le samedi 30 juillet 2011.
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Reporters sans frontières a appris avec effroi la violente agression dont a été victime Gnanasundaram Kuhanathan, âgé de 59 ans, rédacteur en chef du journal en langue tamoule Uthayan, vendredi 29 juillet 2011, à Jaffna (nord du pays). Attaqué à coups de barres de fer par un groupe d’inconnus, le journaliste a été transporté d’urgence à l’hôpital où il est soigné pour de graves blessures à la tête. Toujours inconscient, il est entre la vie et la mort.

Reporters sans frontières exige une enquête rapide et sérieuse sur ce crime odieux. La violence de l’attaque indique clairement que les agresseurs ne voulaient pas laisser la vie sauve au journaliste. Nous mettons en garde les autorités sur le fait que l’impunité est toujours un encouragement pour les malfaiteurs. Lutter contre est le premier pas vers la mise en place d’un cadre propice au travail d’une presse indépendante et pluraliste. Ce crime ne doit être en aucun cas le prélude à une nouvelle vague de violences contre des journalistes, en diminution depuis un an, notamment en raison de l’exil de nombreux professionnels des médias.

Gnanasundaram Kuhanathan a été attaqué près de son domicile, vendredi 29 juillet vers 18h30, par plusieurs hommes armés de barres de fer qui l’attendaient. Transporté à l’hôpital, le journaliste a été placé sous assistance respiratoire, en soins intensifs, à l’hôpital de Jaffna. Il pourrait être transporté vers Colombo, la capitale, si son état l’exige. Uthayan est un journal d’opposition qui défend les intérêts de la communauté tamoule. Il est de sensibilité proche de l’Alliance nationale tamoule, parti politique qui a gagné les dernières élections locales, le 23 juillet dernier.

L’agression s’est produite alors que les violences contre les professionnels de la presse ont globalement diminué depuis 2010. Mais menaces et intimidations restent monnaie courante au Sri Lanka, sans que cela n’attire l’attention nécessaire de l’appareil judiciaire.

C’est également la deuxième agression contre un journaliste d’Uthayan en deux mois. Le 28 mai dernier, le reporter S. Kavitharan avait été attaqué par des hommes armés alors qu’il se rendait à son bureau.

Quatre journalistes ont été tués en lien avéré avec leur travail depuis 2008 au Sri Lanka. Le célèbre caricaturiste Prageeth Eknaligoda est toujours porté disparu depuis janvier 2010. Ces affaires n’ont jamais été élucidées. Plus de 50 journalistes et militants de la liberté de la presse ont dû fuir le pays car leurs vies étaient en danger ces dernières années.

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