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Le gouvernement censure les sites critiques à son égard et tente de justifier ses actes par la loi

Le gouvernement censure les sites critiques à son égard et tente de justifier ses actes par la loi

Publié le mardi 8 novembre 2011.
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Quatre sites d’information indépendants majeurs, SriLankaMirror, SriLankaGuardian, Paparacigossip9, et LankaWayNews, ont été bloqués sur ordre du ministère de l’Information, le 6 novembre 2011, soit un jour après avoir subitement annoncé que “tout site d’informations portant sur le Sri Lanka, (doit) s’enregistrer auprès du ministère, au plus vite”.

“Nous condamnons cette mesure qui renforce la mainmise du gouvernement sur les médias en ligne. Alors que plusieurs sites d’information sont déjà bloqués par le régime, l’obligation de s’enregistrer auprès du ministère de l’Information et des médias met sérieusement en danger la liberté d’informer sur Internet, déjà fortement réduite. Nous condamnons toute tentative du gouvernement sri lankais de contrôler l’information sur l’affaire du “White Flag” et les critiques à son égard, aussi virulentes soient-elles, et pour lesquels plusieurs journalistes ont été menacés”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Le ministère de l’Information doit revenir sur ces blocages et annuler cette réglementation. Nous appelons enfin les entreprises de télécommunication privées à cesser tout blocage de sites en collaboration avec les autorités sri lankaises”, a ajouté l’organisation.

Les sites d’information devront désormais s’enregistrer auprès du ministère de l’Information et des médias du Sri Lanka pour obtenir une accréditation. Cette décision, annoncée le 5 novembre 2011, intervient après une déclaration de W.B. Ganegala, secrétaire du ministère, qui avait affirmé, le même jour, que de trop nombreuses plaintes pour diffamation avaient été déposées contre ces sites. Les modalités de l’enregistrement ne sont pas encore connues, pas plus que les sanctions prévues pour les sites refusant de se soumettre à la loi. Certains journalistes des sites d’information se seraient déjà rendus au ministère afin d’obtenir le formulaire d’enregistrement, et auraient découvert qu’aucune procédure n’avait encore été mise en place.

Le nombre de sites censurés au Sri Lanka n’a cessé d’augmenter ces dernières semaines. C’est d’abord le site Lanka-e-News qui avait été bloqué dès la fin du mois d’octobre 2011 par Sri Lanka Telecom (SLT), détenu par l’Etat, et le fournisseur d’accès à Internet privé Dialog Axiata PLC, sans qu’aucune explication ne soit fournie à la direction du site. A cette occasion, Reporters sans frontières avait interviewé Sandaruwan Senadheera, rédacteur en chef de Lanka-e-News (lire l’interview). Ce blocage a été confirmé par une décision de la justice sri lankaise rendue le 8 novembre 2011.

Le Sri Lanka fait partie des Pays sous surveillance et se situe à la 158ème place, sur 178 pays, dans le classement annuel de la liberté de la presse de Reporters sans frontière.

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