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Un éditorialiste sud-soudanais abattu devant son domicile à Juba

Un éditorialiste sud-soudanais abattu devant son domicile à Juba

Publié le jeudi 6 décembre 2012.
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C’est avec une immense tristesse que Reporters sans frontières a appris l’assassinat de Diing Chan Awuol, contributeur régulier des sites Sudan Tribune et Gurtong ainsi que du journal Destiny, sous le nom de plume Isaias Abraham. Promoteur de la paix entre les deux Soudan, commentateur critique envers le gouvernement de son pays, Diing Chan Awuol a été tué dans la nuit du 4 au 5 décembre devant son domicile, situé à Juba.

"La disparition tragique de Diing Chan Awuol est un coup porté à l’espoir éprouvé depuis l’indépendance par les défenseurs de la liberté d’opinion au Soudan du Sud", a déclaré Reporters sans frontières. "Nous saluons la détermination de la police sud-soudanaise, qui s’est engagée à mener une enquête efficace et consciencieuse. Le traitement de cette affaire a valeur de test pour la liberté de l’information et l’expression des opinions dans ce tout jeune Etat. Seule une lutte inlassable contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes ou émetteurs d’informations pourra préserver ce fondement de la démocratie".

En mai 2012, le ministre de l’Information et des médias au Soudan du Sud, Barnaba Marial Benjamin, se félicitait auprès d’un représentant de Reporters sans frontières de n’avoir jamais eu à déplorer la mort d’un journaliste en raison de ses écrits. Si les raisons du meurtre de Diing Chan Awuol restent à préciser, les menaces qu’il avait reçues suite à ses publications semblent indiquer un lien direct avec ses prises de position.

Plusieurs professionnels des médias, dont Alan Boswell, Taban Bonifacio et John Madol Panther ont récemment subi des intimidations après avoir critiqué les autorités sud-soudanaises. Le dernier article publié par Diing Chan Awuol sur le site Sudan Tribune le 28 novembre était un nouvel appel à la paix entre le Soudan et le Soudan du Sud.

L’un des proches de Diing Chan Awuol a déclaré au Sudan Tribune : "Je savais qu’il serait un jour assassiné pour ses écrits et je lui ai dit d’arrêter, mais il a répondu qu’il préférerait mourir que cesser d’écrire".

Pour plus d’informations sur la liberté de la presse au Soudan du Sud, consultez le rapport d’enquête de juillet 2012 : Soudan du Sud : La voix des libertés reste à ouvrir dans le plus jeune Etat du monde.

Photo : Phil Moore (AFP) et Ashraz Shazly (AFP)

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