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Un journaliste érythréen relâché à Khartoum, une consœur soudanaise interpellée

Un journaliste érythréen relâché à Khartoum, une consœur soudanaise interpellée

Publié le vendredi 16 décembre 2011. Mis à jour le lundi 19 décembre 2011.
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Jamal Osman Hamad, éditorialiste et journaliste érythréen, responsable du site Internet adoulis.com, a été libéré par les forces de sécurité soudanaises le 16 décembre 2011, à Khartoum, après plus de huit semaines de détention. Connu pour ses critiques du président érythréen Issaias Afeworki, il avait été arrêté moins d’une semaine après la visite officielle de ce dernier sur le territoire soudanais, le 24 octobre 2011. Aucune charge n’a été retenue contre lui.

Par ailleurs, le 15 décembre 2011, dans le nord de Khartoum, une journaliste soudanaise travaillant pour le journal Altayar Arabic Daily, Rashan Awshi, a été interpellée alors qu’elle rentrait à son domicile. Elle a été placée en détention pendant près de 19 heures par les services de sécurité soudanais qui l’ont finalement relâchée, le lendemain dans l’après-midi. Les raisons de cette arrestation sont toujours inconnues.


27.10.11 - Dix jours après l’expulsion de trois cents ressortissants érythréens, un journaliste risque le retour forcé vers son pays d’origine

Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude après l’arrestation, le 24 octobre à Khartoum, du journaliste érythréen Jamal Osman Hamad et appelle les autorités soudanaises à sa libération. Dans le contexte du réchauffement des relations entre l’Erythrée et le Soudan, l’organisation se déclare également inquiète du sort des journalistes et défenseurs des droits l’homme érythréens réfugiés sur le sol soudanais.

"La situation à laquelle est confrontée Jamal Osman Hamad est extrêmement préoccupante", a déclaré Reporters sans frontières. "Le journaliste est détenu au secret depuis trois jours et nous craignons qu’il soit expulsé vers son pays d’origine, l’Erythrée, où la situation de la liberté de la presse est l’une des plus alarmantes au monde. Un retour forcé dans son pays le condamnerait à un sort intolérable. Nous demandons aux autorités soudanaises de ne pas expulser Jamal Hamad vers l’Erythrée et appelons l’Union Européenne ainsi que la communauté internationale à se mobiliser sans plus tarder afin d’empêcher une telle tragédie. Jamal Hamad doit être libéré au plus vite » a déclaré l’organisation.

L’arrestation du journaliste survient moins d’une semaine après la visite officielle au cours de laquelle le président érythréen Issaias Afeworki et son homologue soudanais ont inauguré l’ouverture d’une route reliant les deux pays dans la ville de Kassala. Le 17 octobre, trois cents ressortissants érythréens étaient expulsés vers leur pays d’origine sans que le Haut commissariat pour les réfugiés des Nations unies ait pu se pencher sur leurs cas.

"Reporters sans frontières estime fondée la condamnation de l’attitude des autorités soudanaise par le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR). Cet événement démontre malheureusement que l’agence onusienne n’est pas en mesure de garantir la sécurité de ceux qui ont fui les persécutions du régime d’Asmara. Nous demandons donc au UNHCR d’appeler les Etats tiers à délivrer des visas en urgence aux défenseurs des droits de l’homme érythréens réfugiés au Soudan " a ajouté Jean-François Julliard secrétaire général de Reporters sans frontières.

Jamal Osman Hamad, éditorialiste et journaliste érythréen responsable du site d’information d’opposition adoulis.com a été convoqué par les forces de sécurité soudanaises le 24 octobre à Khartoum, et se trouve à présent détenu dans un endroit inconnu de la capitale. Son portable est éteint depuis son arrestation et aucun de ses collègues ou membres de sa famille n’a pu obtenir de ses nouvelles. Travaillant au Soudan depuis de nombreuses années, Jamal Hamad est connu pour ses critiques du président Issaias Afeworki et ses articles relatifs à la situation politique de la Corne de l’Afrique.

Avec 34 journalistes actuellement emprisonnés en raison de leur activité professionnelle et quatre reporters décédés dans les geôles du pays durant ces 10 dernières années, l’Erythrée figure en dernière position du classement mondial sur la liberté de la presse établi par l’organisation en 2010.

A l’occasion du dixième anniversaire des grandes rafles de journalistes et de la suspension de la presse privée dans ce pays, le 18 septembre 2011, Reporters sans frontières a lancé une campagne de communication internationale en français, anglais, espagnol, allemand, suédois, italien et tigrinya. Téléchargez les visuels en cliquant ici et en cliquant ici. L’organisation publie également la liste actualisée des journalistes emprisonnés dans le pays et se souvient du sort de Paulos Kidane, abattu en 2007 alors qu’il tentait de fuir l’Erythrée pour le Soudan.

Photo de la campagne Erythrée 2011.

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