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Des milliers de personnes « choisissent la paix » à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud

Des milliers de personnes « choisissent la paix » à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud

Publié le lundi 9 juillet 2012.
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Les parties au conflit sont appelées à se ressaisir, alors qu’approche la date limite fixée par la résolution de l’ONU pour résoudre le conflit

Des militants des droits humains, des organisations de la société civile et des leaders religieux du monde entier se sont aujourd’hui joints aux citoyens du Soudan et du Soudan du Sud, dans un appel unifié en faveur de la paix. Cette campagne mondiale, intitulée « We Choose Peace », est soutenue par plus de 150 organisations de la société civile, notamment par African Council of Religious Leaders, Cairo Institute for Human Rights Studies, Enough Project, La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), IKV Pax Christi, Norwegian Refugee Council, Refugees International, Reporters Sans Frontières (RSF) et le Secours Catholique afin de marquer le premier anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud.

La campagne appelle les Nations Unies, l’Union Africaine, la Ligue Arabe et d’influents gouvernements à tout mettre en œuvre afin de persuader le Soudan et le Soudan du Sud de résoudre les conflits en suspens. Il s’agit pour les deux Etats de suivre la feuille de route pour la paix de l’Union Africaine et d’observer pleinement la Résolution 2046 de l’ONU, adoptée le 2 mai, qui appelle à un arrêt immédiat des hostilités, au retrait des forces et à la reprise des négociations au sein de l’Union Africaine.

L’ONU a donné aux deux pays jusqu’au 2 août pour résoudre leurs différends, qui portent sur le pétrole, les frontières, le territoire contesté d’Abyei et le retour des réfugiés. Les Nations Unies ont également clairement appelé le SPLM-Nord et le gouvernement soudanais à négocier un accord permettant d’assurer à la fois la sécurité dans les Etats du Kordofan du Sud et du Nil Bleu, ainsi que l’accès humanitaire.

M. Edmund Yakani, Coordinateur de programme de l’organisation Community Empowerment for Progress Organization (CEPO) à Juba, au Soudan du Sud, affirme que : « Trois semaines seulement avant la date limite imposée par la résolution 2046 de l’ONU, ce n’est pas le moment de perdre espoir et de condamner le plus jeune Etat du monde à l’échec. C’est le moment d’agir. Nous nous unissons aujourd’hui pour dire à nos gouvernements, à nos frères et à nos sœurs de l’Union Africaine et de la Ligue Arabe, que les citoyens des deux côtés de la frontière, mais aussi les citoyens du monde entier, veulent que les combats prennent fin ».

Des manifestations pour la paix, ainsi que d’autres événements, auront lieu dans différentes villes, dont Londres, Berlin, Washington, Toronto et Rome. Les manifestants brandiront des pancartes portant le slogan « Choisissons la paix ». Dans certaines villes, les citoyens pourront insérer leur bulletin de vote pour la paix dans une urne géante. Des milliers de personnes participent également à une campagne en ligne, sur Twitter et Facebook, en se photographiant avec une pancarte « Choisissons la paix », et en demandant aux décideurs de l’Union Africaine, de l’ONU et de gouvernements clés si eux aussi ils choisissent la paix.

Depuis la sécession du Soudan du Sud, l’incapacité à résoudre les problèmes majeurs et à apaiser les tensions, tant à l’intérieur du Soudan qu’entre les deux pays, a entrainé une escalade du conflit, qui menace aujourd’hui de se transformer en guerre totale. Les combats dans les Etats soudanais du Kordofan du Sud et du Nil Bleu ont exacerbé l’instabilité dans les zones frontalières, et provoqué une crise humanitaire au Soudan, ainsi que dans les camps de réfugiés au Soudan du Sud. Les journalistes et les travailleurs humanitaires se sont vus refuser l’accès à ces régions et les personnes affectées par cette crise sont coupées du reste du monde. Pendant ce temps, des manifestations anti-gouvernementales se sont déroulées à Khartoum et dans d’autres villes soudanaises, où des centaines de personnes ont été placées en détention.

Arnold Tsunga, Vice président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), déclare qu’ : « il y a eu trop de souffrance, et de sang versé, et il y a trop à perdre pour laisser cette crise se perpétuer et dégénérer encore plus. Il faut un arrêt immédiat des hostilités, un accès humanitaire aux populations affectées au soudan, et une protection pour les civils. L’ONU, l’Union Africaine et d’autres doivent participer à sa construction, en facilitant un réel dialogue politique et en adoptant une ligne diplomatique ferme ».

Dismas Nkunda, Co-Directeur de l’organisation International Refugee Rights Initiative (IRRI) avertit que : « les dirigeants du Soudan et du Soudan du Sud doivent se montrer à la hauteur de leurs responsabilités envers leurs peuples, et respecter les droits humains de tous leurs citoyens, particulièrement pour les personnes déplacées à cause des violences continues. Cela est essentiel pour atteindre une paix durable. S’ils échouent à choisir la paix en observant la Résolution 2046 de l’ONU, mais aussi la feuille de route de l’Union Africaine, alors la communauté internationale devra sévir et se résoudre à adopter des mesures punitives. Cela ne serait rien de moins qu’une tragédie si les avancées des dernières années, les espoirs de tant de gens, se trouvaient anéantis par une guerre inutile ».

Photo : A Washington, une manifestation appelant à l’arrêt des violences entre les deux Soudans (AFP/Nicholas Kamm)

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