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Les deux journalistes de Radio Shabelle libérés, deux autres toujours détenus en province

Les deux journalistes de Radio Shabelle libérés, deux autres toujours détenus en province

Publié le jeudi 31 mars 2011.
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Abdirashid Omar Qase et Abdi Mohamed Ismail, respectivement directeur et rédacteur en chef de Radio Shabelle, tous deux injustement arrêtés par la National Security Agency le 27 mars 2011, à Mogadiscio, ont été relâchés sans condition le 30 mars.

Le Shabelle Media Network a adressé des remerciements à tous ceux qui se sont mobilisés pour ses deux employés, soulignant le courage de la population somalienne, qui a été nombreuse à manifester dans les rues de Mogadiscio.

"Malgré les menaces et les intimidations que nous subissons de la part de ceux qui répriment les médias indépendants en Somalie, nous continuerons à porter haut le drapeau du journalisme indépendant dans notre pays", a déclaré le Shabelle Media Network.

Reporters sans frontières rappelle que deux autres journalistes, Liban Abdi Farah et Mohamed Abdinur Hashi, sont actuellement détenus au Puntland et au Somaliland. L’organisation demande aux autorités de ces deux régions leur libération immédiate.


29.03.2011 - Le Shabelle Media Network victime d’un chantage honteux du ministre de l’Intérieur

Le ministre somalien de l’Intérieur, Abdishakur Sheikh Hassan (photo), exige que le Shabelle Media Network présente des excuses publiques suite à la diffusion, le 22 mars dernier, d’un reportage remettant en cause les compétences du président du gouvernement de transition, Sheik Sharif Sheikh Ahmed. Ces excuses sont posées comme condition de la libération des deux journalistes de Radio Shabelle arrêtés depuis 48 heures.

AFP

Reporters sans frontières est choquée par ce chantage honteux et inacceptable. Non seulement il illustre la susceptibilité du gouvernement de transition et son intolérance face aux critiques, mais il traduit sa volonté de contrôler de façon indirecte le contenu éditorial de médias indépendants. Les deux journalistes de Radio Shabelle ne sont pas une monnaie d’échange et doivent être immédiatement relâchés.

Le 27 mars 2011, Abdirashid Omar Qase, directeur de Radio Shabelle, et Abdi Mohamed Ismail, rédacteur en chef de la station, ont été arrêtés par la National Security Agency (NSA). Plus d’informations

La détention des deux journalistes a suscité de nombreuses réactions de protestation. Parmi elles, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), organisation partenaire de Reporters sans frontières en Somalie, a demandé la libération immédiate des deux responsables de Radio Shabelle et a appelé le gouvernement fédéral de transition à respecter la liberté d’expression et les médias indépendants.

Reconnue pour son professionnalisme et saluée pour son courage, Radio Shabelle a toujours gardé une ligne éditoriale indépendante, malgré les pressions du gouvernement ou des milices islamistes. La radio, qui a vu cinq de ses journalistes assassinés depuis 2007, dont deux directeurs, a remporté le Prix Reporters sans frontières – FNAC de la liberté de la presse en 2010.


28-03-2011- Les journalistes, cibles du harcèlement des autorités

Reporters sans frontières dénonce l’hostilité incompréhensible des autorités à l’encontre des professionnels des médias. Deux membres de la station privée Radio Shabelle ont été arrêtés, le 27 mars 2011, à Mogadiscio, tandis que deux autres journalistes sont retenus, au Puntland et au Somaliland, depuis plus de huit jours. L’organisation demande la libération immédiate des quatre journalistes et l’arrêt des persécutions dont ils sont victimes.

"Dans ce pays où les combats permanents engendrent déjà un niveau très fort d’insécurité pour les reporters, et où l’intolérance des milices islamistes vis-à-vis de la liberté d’information rend la pratique du journalisme périlleuse, voire presque impossible, le gouvernement fédéral de transition ne fait rien pour encourager le travail des médias. Censées être les garantes de l’ordre, les autorités officielles, en général, constituent désormais une menace pour les journalistes, en n’hésitant pas à les intimider et en procédant à des arrestations abusives, sans motif, au mépris du droit", affirme Reporters sans frontières.

Le 24 mars 2011, la National Security Agency (NSA) a convoqué, sur ordre du ministre de l’Information, des postes et des télécommunications, le rédacteur en chef de Radio Shabelle, Abdi Mohamed Ismail, pour l’interroger au sujet d’un reportage mettant en cause les compétences du président du gouvernement de transition, Sheik Sharif Sheikh Ahmed. Le 27 mars, il s’est rendu au quartier général de la NSA en compagnie du directeur du média, Abdirashid Omar Qase. Les deux journalistes ont été immédiatement arrêtés et sont, à ce jour, toujours en détention.

Aucune raison officielle n’a été avancée pour justifier la détention des deux journalistes. Certaines informations recueillies par Reporters sans frontières indiquent que Abdi Mohamed Ismail et Abdirashid Omar Qase sont privés de nourriture et interdits de visites. On leur aurait également refusé le droit de recourir à un avocat.

Le 22 mars 2011, à Las Anod, dans l’Etat autoproclamé du Somaliland (nord du pays), deux journalistes ont subi la colère de soldats mécontents de certains de leurs articles qu’ils jugent diffamants à leur égard. Mohamed Abdinur Hashi, de Somali Channel TV, a été arrêté, et Mohamed Shaqale, d’Universal TV, a pu fuir et vit désormais dans la clandestinité. Son ordinateur portable, sa caméra et ses enregistreurs ont été saisis par l’armée qui est, depuis, à sa recherche.

Le 19 mars, Liban Abdi Farah, de la Somali Broadcasting Corporation (SBC), s’est rendu sur les lieux de l’explosion d’une bombe dans la ville de Galkayo, dans la région semi-autonome du Puntland (Nord-Est). Le reporter a été immédiatement arrêté par les forces de police. Bien que sa famille ait été autorisée à lui rendre visite, ses collègues se sont vu refuser l’accès au commissariat. Selon le système judiciaire du Puntland, le journaliste était censé comparaître devant le tribunal sous quarante-huit heures. A ce jour, aucune démarche n’a été entamée.

Photo : AFP

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