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Deux journalistes tués en vingt-quatre heures, un décapité et un abattu par balles

Deux journalistes tués en vingt-quatre heures, un décapité et un abattu par balles

Publié le vendredi 28 septembre 2012.
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"L’horreur, la violence et la cruauté des attaques contre les journalistes en Somalie sont chaque jour plus graves. Leur rythme également, qui ne cesse de s’accélérer", a réagi Reporters sans frontières, après le meurtre d’un journaliste sportif et la mort par balles d’un autre, deux assassinats commis en l’espace de vingt-quatre heures.

Si 2012 est devenue l’année la plus meurtrière pour les journalistes en Somalie (15 d’entre eux ont été tués à ce jour pour leur activité professionnelle), la deuxième quinzaine du mois de septembre a été particulièrement sanglante. Avant ces deux derniers incidents, cinq journalistes avaient déjà été tués entre le 16 et le 21 septembre. Ce sont donc, désormais, sept journalistes qui ont perdu la vie en moins de deux semaines.

Abdirahman Mohamed Ali, journaliste sportif pour le site Internet Ciyaarahamaanta.com, a été kidnappé au domicile de sa mère, dans la nuit du 26 septembre 2012, à Mogadiscio. L’homme a été retrouvé décapité, le lendemain matin, dans le quartier de Suqa Holaha, au nord de la capitale somalienne.

La milice islamiste Al-Shabaab a reconnu être responsable de ce crime. Elle reproche au journaliste, qui n’habitait pas Suqa Holaha, d’être venu dans le quartier pour espionner des membres de la milice.

Un autre journaliste et photographe, Ahmed Abdulahi Farah, 32 ans, employé par l’agence de presse yéménite Saba, a été abattu par balles dans la matinée du 28 septembre 2012, alors qu’il était à bord d’un minibus. Des hommes armés ont ouvert le feu sur lui alors qu’il se trouvait à proximité d’un check-point, dans le quartier de Madina (sud de la capitale). D’après les premiers éléments recueillis par Reporters sans frontières, Ahmed Abdulahi Farah venait de sortir son appareil photo pour prendre des clichés du check-point.

"Mogadiscio est devenue une véritable boucherie pour les journalistes et si cela ne s’arrête pas, la presse libre va mourir en Somalie", a déclaré un journaliste somalien à l’Agence France-Presse (AFP).

Pour Reporters sans frontières, il est plus urgent que jamais de mener des enquêtes sérieuses sur les morts de journalistes, au mieux pour retrouver les coupables et les sanctionner, et au minimum pour faire la lumière sur les circonstances de ces drames. Des mesures concrètes doivent également être prises pour assurer la sécurité des professionnels des médias.

Une résolution adoptée le 28 septembre par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU va dans ce sens. Elle demande explicitement aux autorités somaliennes de protéger les journalistes et à tous les partenaires du gouvernement de Mogadiscio de lui fournir une assistance technique. Voir le paragraphe de la résolution concernant la liberté de la presse et des journalistes :

UN Human Rights Council
Twenty-first session

"Also strongly condemns all attacks on journalists, including the deadly terror attack on 20 September and the assassination on 21 September of a prominent journalist in Mogadishu ; calls upon the Government of the Federal Republic of Somalia to protect the safety of the journalists ; and calls on all states to provide the necessary technical assistance to the Government of the Federal Republic of Somalia, the sub-national authorities, the national union of Somali journalists and individual journalist in this regard ; and urges the State actors and non-State actors to refrain from intentional violence against and harassment of journalists and to respect freedom of expression".

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