Reporters sans frontières

Le quotidien Dnevnik à nouveau libre d'écrire

Le quotidien Dnevnik à nouveau libre d’écrire

Publié le vendredi 9 octobre 2009.
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Reporters sans frontières se réjouit de la décision de la cour d’appel de Ljubljana, prise le 7 octobre 2009, en faveur du quotidien slovène Dnevnik. Cet arrêt annule l’injonction qui obligeait le journal, depuis août 2009, à ne publier aucune information ou commentaire négatifs sur la personne ou les activités professionnelles de l’homme d’affaires italien Pierpaolo Cerani.

Contacté par l’organisation, le rédacteur en chef de Dnevnik, Ali Zerdin, a salué "une décision importante non seulement pour nous, mais aussi pour l’ensemble des médias slovènes. Par cet arrêt, la cour d’appel de Ljubljana a imposé des normes conformes à la Constitution slovène en matière de liberté de la presse."

"Nous nous réjouissons de la levée de cette injonction, qui s’apparentait à une inacceptable mesure de censure préalable. La vigilance reste cependant de mise dans toute l’Union européenne, pour veiller à ce que de puissants intérêts économiques n’empiètent sur la liberté de la presse", a déclaré Reporters sans frontières.


09.09.2009 - L’acharnement judiciaire contre Dnevnik doit prendre fin

La juge Katarina Novsak Kaplandu, du tribunal d’arrondissement de Ljubljana, a maintenu en appel, le 4 septembre 2009, l’injonction qui oblige depuis août 2009 le quotidien Dnevnik à ne publier aucune information ou commentaire négatifs sur la personne ou les activités professionnelles de l’homme d’affaires italien Pierpaolo Cerani (voir communiqué du 19 août 2009 http://www.rsf.org/Menace-d-amende-...).

Dans son arrêt, la juge a précisé que la véracité des faits n’était pas seule en cause, mais que primait la manière de les relater. Selon la magistrate, Dnevnik peut “continuer à parler de Monsieur Cerani comme d’autres médias le font, mais uniquement en utilisant un vocabulaire correct, sans mots offensants ou à caractère négatif et sans utiliser un ton qui porterait de manière intolérable atteinte à son honneur, sa réputation et à sa dignité“. La magistrate précise également que l’intérêt public n’est pas menacé par l’injonction et que le public reste informé des activités de Pierpaolo Cerani.

“Les propos de la magistrate sont tout simplement surréalistes et inacceptables au sein d’un pays membre de l’Union européenne. Si les faits rapportés par Dnevnik sont vrais, la rédaction a toute latitude quant au ton ou au choix des mots employés. Il n’appartient pas à un juge de se prononcer sur les qualités d’écriture des journalistes. Par ailleurs, prétendre, quand on est magistrat, que la véracité des faits est moins importante que la manière dont ils sont présentés relève d’une appréciation pour le moins curieuse de la fonction“, a déclaré Reporters sans frontières.

“De même, comment prétendre que l’intérêt public n’est pas menacé ou que le public continue à être informé correctement lorsqu’on oblige la presse à ne parler de Pierpaolo Cerani et de ses activités professionnelles que sous un angle positif. Le maintien de l’injonction faite à Dnevnik est clairement une mesure de censure inacceptable au sein d’un pays qui présidait il y a juste un an l’Union européenne“, a poursuivi l’organisation.

“Nous demandons aux plus hautes instances juridiques de Ljubljana de lever l’injonction dans les plus brefs délais et de permettre à Dnevnik et à la presse slovène d’aborder librement tous les pans de l’activité économique du pays“, a conclu l’organisation, qui souligne le caractère exemplaire de cette affaire : “Comment l’Union européenne pourrait-elle prétendre donner des leçons hors de ses frontières si, dans un pays membre, la justice oblige un média à n’écrire que positivement ?“

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