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L'ultime appel d'Alan Shadrake rejeté par la cour, malgré son état de santé fragile

L’ultime appel d’Alan Shadrake rejeté par la cour, malgré son état de santé fragile

Publié le vendredi 27 mai 2011.
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Reporters sans frontières juge lamentable le rejet de l’appel d’Alan Shadrake, écrivain britannique de 76 ans, condamné en première instance à six semaines de prison, pour "outrage à la cour". Le 27 mai 2011, la plus haute cour de Singapour a ainsi confirmé la sentence prononcée contre l’écrivain le 16 novembre 2010.Il devrait commencer à purger sa peine la semaine prochaine.

"Nous sommes consternés. Cette peine est la plus forte jamais prononcée pour un tel délit. Il est inconcevable que la justice singapourienne prétende être impartiale alors qu’elle condamne à de la prison ferme une personne malade, sans tenir compte de l’article 14 de la constitution qui prévoit la critique sur les questions impérieuses d’intérêt public. En condamnant de la sorte Alan Shadrake, la justice singapourienne, verse dans l’acharnement et la cruauté", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières.

Par ailleurs, les contradictions du dossier sont nombreuses : Alan Shadrake a été arrêté alors qu’il assurait la promotion de son livre qui n’avait fait l’objet d’aucune interdiction. Dans une lettre adressée au Herald Tribune, le ministre des Lois avait déclaré ne pas poursuivre l’écrivain pour diffamation mais "outrage à la cour", reconnaissant donc que l’ouvrage ne contenait aucune attaque personnelle ou violence verbale. Pourtant, une enquête pour "diffamation criminelle" est toujours en cour.

"Si cette réaction de la part de la justice singapourienne était à craindre, celle des autorités britanniques et du Commonwealth of Nations est plus surprenante. Comment peuvent-elles accepter une telle condamnation, contraire à la déclaration de Harare de 1991, qui accorde une importance particulière aux droits de la personne et à l’éthique démocratique ? Alan Shadrake n’a rien à faire en prison ; nous appelons les autorités britanniques à exiger sa libération auprès du gouvernement de Singapour", a ajouté le secrétaire-général de Reporters sans frontières.

Le 18 juillet 2010, Alan Shadrake, qui souffre de graves problèmes cardiaques, avait été détenu pendant trente-neuf heures, au cours desquelles il avait été contraint de dormir par terre dans sa cellule. Avant d’être libéré des locaux de la police criminelle (CID), contre le paiement d’une caution de $10,000 dollars singapouriens, il avait également subi des interrogatoires pénibles de plusieurs heures d’affilée sur le contenu de son livre.

Lors du procès qui s’était ouvert le 18 octobre 2010, le représentant du procureur avait accusé l’écrivain britannique d’avoir tenu dans son livre "Once a Jolly Hangman : Singapour Justice in the Dock", des propos "contre l’indépendance et l’intégrité de la justice du pays". Selon Hema Subramanian, avocate du bureau du procureur, le livre de Shadrake contient des "attaques infondées, injustifiées (…) contre le système judiciaire singapourien", qu’elle a qualifiées d’allégations "outrageantes, offensantes et irresponsables".

L’avocat du journaliste, M. Ravi, avait démontré que le livre constituait un document étayé et. Il s’agissait d’une "étude sensible et réfléchie sur la peine de mort à Singapour".

Alan Shadrake avait été condamné, le 16 novembre 2010, à six semaines de prison et à une amende de 20 000 dollars singapouriens, soit 11 320 euros. En cas de non-paiement de cette amende, sa peine pourrait être prolongée de deux semaines.


L’écrivain Alan Shadrake condamné à Singapour

16-11-2010

L’écrivain britannique, Alan Shadrake, a été condamné mardi 16 novembre à six semaines de prison et à une amende de 20 000 dollars singapouriens, soit 11 320 euros, peine prolongeable de deux semaines en cas de non-paiement, pour son œuvre “Once a Jolly Hangman : Singapore Justice in the Dock” qui traite de la peine de mort à Singapour.

Reporters sans frontières regrette cette condamnation contre un homme âgé de 76 ans et, qui plus est, malade, qui n’a fait qu’exercer son esprit critique. L’organisation rappelle que Singapour est membre de l’association du Commonwealth qui œuvre pour la démocratie et la primauté du droit. La déclaration de Harare de 1991 accorde une importance particulière aux droits de la personne et à l’éthique démocratique.

Reporters sans frontières reste très attentive quant à la suite des événements. Alan Shadrake dispose d’une semaine pour faire appel. Nous espérons une issue clémente dans ce dossier, en accord avec les principes d’une justice équitable et humaine.

Alan Shadrake n’a rien à faire en prison et ne mérite que compliments pour son travail.

Reporters sans frontières demande aux autorités britanniques d’utiliser tous les moyens en leur pouvoir pour résoudre la tragique situation dans laquelle se trouve leur ressortissant. Étonnée de leur silence dans cette affaire, l’organisation invite le Royaume-Uni et l’Union européenne à réaffirmer auprès du gouvernement de Singapour les principes fondamentaux de liberté d’expression et de justice.

Pour libérer Alan Shadrake, signez la pétition :

http://fr.rsf.org/petition-alan-sha...

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