Reporters sans frontières

Une journaliste soumise au racket judiciaire

Une journaliste soumise au racket judiciaire

Publié le vendredi 22 mai 2009. Mis à jour le lundi 25 mai 2009.
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Reporters sans frontières exprime sa surprise face à la somme mirobolante demandée à Sylvia Blyden pour retrouver sa liberté.

"Cette somme pourrait presque prêter à rire s’il ne s’agissait pas d’une affaire aussi grave. Tout se passe comme si une sanction personnelle était prise contre la journaliste. Nous demandons aux autorités de cesser cet archarnement et de faire preuve d’équité en accordant à Sylvia Blyden une remise en liberté sans condition," a déclaré l’organisation.

Le 20 mai 2009, l’éditrice et rédactrice en chef du journal indépendant Awareness Times s’était rendue de son plein gré à une convocation au poste de police de Freetown suite à une enquête menée à la demande du président Koroma. Sylvia Blyden a été arrêtée et une caution de 50 millions de leones, soit 16 000 dollars US, lui a été demandée pour être relâchée.

`Menacée de mort à plusieurs reprises, Sylvia Blyden est accusée de "publication de fausses nouvelles" suite à un article paru le 12 mai évoquant une possible relation extraconjugale du Président.


20.05.09 - Deux journalistes pris pour cibles par l’entourage du Président

Reporters sans frontières exprime sa vive inquiétude pour la journaliste Sylvia Blyden, contrainte de se tenir cachée après avoir été menacée de mort, et pour Umaru Sitta Turay, qui a été violemment agressé à coups de couteau, le 14 mai 2009. Les deux journalistes sont inquiétés pour avoir prétendument "diffamé" le président de la Sierra Leone, Ernest Koroma.

"La campagne de dénigrement menée depuis plusieurs semaines à l’encontre de Sylvia Blyden est honteuse et a atteint un niveau très inquiétant ces derniers jours. L’attaché de presse du président de la République semble porter une part de responsabilité directe dans ces événements. Aussi nous demandons au chef de l’Etat de s’engager publiquement à garantir la sécurité de la journaliste. S’il s’estime diffamé, celui-ci peut obtenir réparation en recourant à d’autres moyens, notamment juridiques, plutôt qu’en engageant une chasse à l’homme", a déclaré l’organisation.

Depuis la parution, le 12 mai, d’un article intitulé "Fake First Lady : President’s Sweetheart in Kailahun Mess", faisant état d’une liaison extraconjugale du président de la République, Sylvia Blyden, éditrice et rédactrice en chef du journal indépendant Awareness Times, se tient cachée, craignant pour sa vie. Interrogée au téléphone par Reporters sans frontières, la journaliste a confié être convoquée à la police et avoir reçu des menaces de mort. Répondant aux ordres du président Koroma, l’attaché de presse à la présidence de la République, Sheka Shekito Tarawallie, a effectivement lancé la police à la recherche de la journaliste, l’accusant de "diffamation".

Quelques jours avant la parution de l’article de Sylvia Blyden, ce fonctionnaire, lui-même journaliste, avait publié un article dans le journal privé The Torchlight, insinuant que Sylvia Blyden entretenait une liaison, parmi d’autres, avec le chef de l’opposition. L’an passé, il l’avait déjà mise en cause en affirmant qu’elle se prostituait pour gagner les faveurs du gouvernement.

Le 14 mai 2009, le rédacteur en chef du bihebdomadaire New People basé à Freetown, Umaru Sitta Turay, a reçu plusieurs coups de couteau à la gorge. Ses agresseurs, Alimamy Turay, photographe rattaché à la Présidence, et un partisan du All People’s Congress Party (APC, parti au pouvoir) connu sous le nom de Tunde, avaient pénétré dans son bureau pour lui reprocher d’être proche de sa consœur Sylvia Blyden et de servir les intérêts de l’opposition en rédigeant des articles qui ternissent la réputation du Président. Le journaliste s’en est tiré sans blessures graves.

Reporters sans frontières rappelle que le 13 mars dernier, le rédacteur en chef du tabloïd The Exclusive, David Jabati, a été physiquement agressé par des partisans de l’APC, et que trois jours plus tard, deux stations de radio, Radio Unity et Rising Sun Radio, ont été fermées par les autorités de Freetown.

La Sierra Leone occupe la 114e place, sur 173 pays, dans le classement 2008 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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