Reporters sans frontières

Un journaliste poursuivi pour "diffamation" en vertu d’une loi liberticide que le gouvernement s’était engagé à réformer

Publié le jeudi 14 février 2008.
Version imprimable de cet article Imprimerenvoyer l'article par mail envoyer

Reporters sans frontières condamne le recours, par le ministre sierra-leonais des Transports et de l’Aviation, à une loi liberticide que son gouvernement avait promis de réformer, pour poursuivre en justice Jonathan Leigh, directeur de l’hebdomadaire The Independent Observer.

"Nous condamnons l’utilisation d’une loi archaïque par un membre d’un gouvernement qui s’était engagé à ne plus en faire usage. Il existe des moyens adaptés et justes pour que justice soit rendue dans un cas de diffamation par voie de presse, et ils ne se trouvent certainement pas dans une procédure criminelle débouchant sur une incarcération. Les autorités doivent comprendre que les règles démocratiques exigent de privilégier les voies de la régulation et du droit de réponse en cas de conflit avec la presse", a déclaré l’organisation.

L’Independent Observer a publié un article affirmant que le ministre des Transports et de l’Aviation, Kemoh Sesay, s’était fait construire deux maisons, moins de deux mois après son entrée en fonctions au sein du gouvernement.

Ce dernier, qui nie les faits et affirme qu’il entend "laver son nom ou démissionner du gouvernement", a assigné le journaliste en justice. Inculpé de "diffamation", Jonathan Leigh a été cité à comparaître devant le tribunal de Freetown le 11 janvier 2008, mais ne s’est pas présenté. Deux magistrats ont alors émis un mandat d’amener contre lui, autorisant la police à l’arrêter et à le placer en garde à vue jusqu’à l’ouverture de son procès. L’audience a été ajournée au 15 février devant le tribunal numéro 5 de Freetown. Dans une interview à la station privée Democracy 98.1 FM, le ministre a affirmé qu’il souhaitait que le journaliste soit incarcéré s’il était condamné.

Le Public Order Act de 1965 prévoit de lourdes peines de prison pour la "diffamation" et a été l’objet d’une campagne hostile, depuis plusieurs années, par les organisations de défense des droits de l’homme et la Sierra Leone Journalists Association (SLAJ). Après la victoire de l’opposition au dernier scrutin présidentiel de septembre 2007, le nouveau ministre de l’Information, Ibrahim Ben Kargbo, ancien président de la SLAJ, s’était engagé à le supprimer du corpus législatif ou à le réformer.

CLASSEMENT MONDIAL

ENNEMIS D'INTERNET

FICHES PAYS

close
Contact | Les actions de Reporters sans frontières | Mentions légales | CGU | La boutique | Les albums