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Amnistie pour le journaliste incarcéré Laszlo Sas

Amnistie pour le journaliste incarcéré Laszlo Sas

Publié le mardi 7 août 2012.
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Reporters sans frontières salue la décision du président serbe Tomislav Nikolic qui a amnistié, le 3 août 2012, Laszlo Saš, emprisonné pour « insulte » envers le leader d’un parti d’extrême-droite (voir ci-dessous).

Dans l’incapacité de payer l’amende de 150 000 dinars (1200 €) à laquelle il avait été condamné, le journaliste freelance de 69 ans avait été incarcéré le 23 juillet 2012.

Dans le communiqué annonçant l’amnistie, le président de la République a invoqué la « liberté d’opinion » et a affirmé qu’il était « inadéquat qu’un journaliste (…) soit emprisonné pour avoir rendue publique la sienne ».

« Nous sommes soulagés pour Laszlo Sas, qui voit se terminer le cauchemar dans lequel il était plongé depuis treize jours, a déclaré l’organisation. Cette affaire souligne l’urgence de dépénaliser les délits de presse en Serbie et d’établir un plafond raisonnable pour les amendes prononcées, afin qu’elles soient adaptées aux ressources des journalistes. »

D’après les informations collectées par Reporters sans frontières, Laszlo Sas a été remis en liberté le 3 août, aux alentours de 14 heures. Si l’amnistie présidentielle le dispense de peine, elle ne le disculpe pas.


Un journaliste purge cinq mois de prison pour “insulte” à un leader d’extrême droite

30 juillet 2012

Reporters sans frontières dénonce l’incarcération, le 23 juillet 2012, du journaliste Laszlo Saš, condamné à 150 jours de prison pour avoir publié, sur le site du journal en langue hongroise Magyar Szó, un article supposément “insultant” envers le leader du parti d’extrême droite HVIM, László Toroczkai.

“Cet emprisonnement est une aberration. Il est inacceptable qu’un journaliste puisse être condamné au pénal pour avoir simplement exprimé un regard critique envers un leader politique. Les hommes politiques sont exposés à la critique et doivent apprendre à accepter le point de vue de leurs détracteurs, nécessaire à la démocratie. “En qualité de candidat à l’Union européenne, la Serbie doit protéger ses journalistes et veiller à ce que leur liberté d’informer soit garantie. Nous apportons notre soutien aux associations de journalistes serbes qui réclament la libération de Laszlo Saš et nous demandons au président Tomislav Nikolić d’intervenir en sa faveur afin qu’il puisse être amnistié et libéré”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 23 juillet 2012, le journaliste Laszlo Saš a été incarcéré à la prison de Subotica (nord du pays), pour y purger une peine de cinq mois de prison pour “insulte” envers le leader du Mouvement pour la jeunesse des soixante-quatre comitats (HVIM), László Toroczkai. Ce dernier avait été interdit de séjour en Serbie pendant près de deux ans, entre 2008 et 2010, du fait de ses propos et de ses agissements ultra-nationalistes.

L’incarcération de Laszlo Saš met fin à une longue procédure judiciaire, qui avait débuté le 4 février 2011 devant la Cour municipale de Subotica. Cette dernière répondait à une plainte déposée par László Toroczkai contre le journaliste suite à une publication, le 24 avril 2007, dans laquelle Laszlo Saš exprimait des inquiétudes quant à la dangerosité du mouvement ultra-nationaliste pour la jeunesse hongroise.

La Cour municipale de Subotica avait condamné le journaliste à verser une amende de 150 000 dinars (environ 1200 euros), en vertu de l’article 170 du code pénal qui sanctionne les crimes d’“insulte”. Le journaliste disposait d’un délai de huit mois pour payer l’intégralité de l’amende.

Laszlo Saš avait fait appel de la décision auprès de la Cour de Novi Sad (nord), qui, le 19 avril 2012, a confirmé la décision de la Cour de Subotica. Le journaliste ne disposant pas des moyens financiers suffisants, son amende a été transformée en peine de prison. Il n’en a été informé que trois mois plus tard, juste avant son incarcération.

La Serbie figure à la 80e place sur 179 pays dans le classement de la liberté de la presse 2011-2012 établi par Reporters sans frontières.

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