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Vladimir Poutine, prédateur international, en visite à Paris

Vladimir Poutine, prédateur international, en visite à Paris

Publié le vendredi 1er juin 2012.
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A l’occasion de la venue à Paris du président Vladimir Poutine le 1er juin 2012, des militants de Reporters sans frontières se sont rassemblés sur le Pont Alexandre III avec des activistes russes, syriens et iraniens pour protester contre la répression à l’œuvre en Russie, en Syrie et en Iran.

Aux cris de “Poutine, Bachar : halte à la répression !” et “Pas de veto sur les droits de l’homme”, les militants ont appelé le président russe à écouter les demandes de démocratisation de la société russe et à cesser de cautionner les régimes les plus répressifs de la planète, à commencer par la Syrie et l’Iran. Deux pays où les professionnels de l’information paient très cher leurs tentatives de couvrir la répression orchestrée par les autorités.

“Vladimir Poutine n’est pas seulement responsable du déclin dramatique des libertés publiques en Russie depuis une douzaine d’années. Censure et répression font partie intégrante du ‘modèle’ politique qu’il promeut sur la scène internationale. Au nom de la ‘lutte contre le terrorisme’ ou la promotion des ‘valeurs traditionnelles’, la Russie est en pointe de tous les combats livrés contre la liberté d’expression et la liberté d’information. C’est avec la complicité de Moscou que les massacres se poursuivent en Syrie depuis plus de quatorze mois. Et c’est avec le soutien de la Russie que la répression continue en Iran.”

Après une visite au Bélarus et l’Allemagne, Vladimir Poutine arrive en France cet après-midi pour conclure sa première tournée internationale depuis le début de son troisième mandat présidentiel. Le chef du Kremlin doit aborder avec son homologue François Hollande les dossiers énergétiques et commerciaux, mais aussi la situation en Syrie.

En Russie, un héritage répressif contesté

“Cette visite intervient dans un contexte très particulier. Depuis son élection, Vladimir Poutine est confronté à une vague de contestation sans précédent, qui souligne le décalage croissant entre le régime et la société russe. La campagne électorale et son arrivée au pouvoir à l’issue d’un scrutin contesté ont été marquées par de multiples manœuvres d’intimidation contre les médias et la répression de manifestations pacifiques. Un dialogue franc et sincère avec le chef de l’Etat russe impose de souligner que ce nouveau mandat est une dernière chance pour lui de rompre avec le système répressif qu’il a mis en place. A l’intérieur du pays comme à l’étranger.”

Les deux premiers mandats de Vladimir Poutine, entre 2000 et 2008, ont été marqués par la reprise en main de la grande majorité des médias, en particulier les chaînes de télévision ; l’enracinement d’une impunité totale pour les assassins et agresseurs de journalistes (au moins 26 d’entre eux ont été tués du fait de leur activité professionnelle depuis 2000) ; et l’imposition en Tchétchénie du régime autocratique et brutal de son protégé, Ramzan Kadyrov. Cet héritage est largement remis en question par le mouvement de contestation inédit qui se fait entendre depuis décembre 2011.

Au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU), outre bloquer toutes les résolutions contraignantes en matière de droits de l’homme, la Russie pousse avec la Chine, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, un projet de résolution visant à donner toute latitude aux Etats pour organiser la censure d’Internet. Au Conseil des droits de l’homme, Moscou a pris la tête d’une coalition d’Etats réclamant la prise en compte des ‘valeurs traditionnelles’ et des ‘particularités nationales’ pour remettre en cause l’universalité des droits de l’homme. L’honneur réservé au régime autoritaire bélarusse, hôte, la veille, de la première visite à l’étranger de Vladimir Poutine à nouveau investi du pouvoir suprême, en dit long sur l’attachement aux droits de l’homme du maître du Kremlin : dans ce pays, théâtre d’une violente répression post-électorale, plus d’une centaine de professionnels des médias ont été interpellés au cours de la seule année 2011.

En Syrie, une complicité assumée, envers et contre tout

Depuis plus de quatorze mois, un véritable massacre a lieu en Syrie, avec la complicité de Moscou, qui n’a cessé de s’opposer à toute sanction contre le régime de Damas, malgré les nombreux appels de la communauté internationale. On ne compte plus les morts dans la population civile, parmi laquelle les professionnels des médias paient un lourd tribut. Le 12 avril 2012, un cessez-le-feu a été conclu entre les forces du régime et l’opposition par l’intermède des négociations menées par Kofi Annan. L’accord prévoit aussi la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté de la presse et d’assemblée. Cette clause essentielle n’a jamais été respectée. A Houla, le week-end dernier, 108 personnes ont été assassinées, alors même que des observateurs internationaux sont déployés dans le pays. Les démentis éhontés de Bachar Al-Assad quant à la responsabilité de l’armée et de ses sbires, les tristement célèbres shabiha, n’ont convaincu personne.

Depuis le début du mouvement de contestation populaire à la mi-mars 2011, Bachar Al-Assad et son régime imposent un black-out total de l’information, tout en développant leur propagande. Les journalistes, blogueurs et citoyens ou militants improvisés journalistes paient chaque jour leur engagement pour dénoncer les atrocités commises. Nombreux sont ceux qui ont trouvé la mort dans l’exercice de leurs activités, parmi lesquels quatre reporters étrangers. Les journalistes, blogueurs et militants syriens sont systématiquement traqués, arrêtés, torturés. Les simples citoyens contactés par des médias étrangers sont également visés et condamnés. Actuellement, plus d’une trentaine de professionnels et d’amateurs de l’information sont derrière les barreaux. Avec la complicité de Moscou, qui continue de soutenir Damas et de vendre des armes à un régime sanguinaire.

Avec 32 journalistes et 18 net-citoyens emprisonnés, l’Iran est actuellement la deuxième prison du monde pour les professionnels des médias. Depuis 1979, Moscou est le principal soutien du régime iranien dans le monde.

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