Il y a un an, le 19 janvier 2009, l’avocat et défenseur des droits de l’homme Stanislav Markelov, et la jeune journaliste de Novaïa Gazeta, Anastassia Babourova, étaient assassinés en pleine rue à Moscou.
Un défilé en hommage aux deux victimes, initialement interdit par la mairie de Moscou, a finalement été autorisé à se tenir demain. Le "Comité du 19 janvier", constitué pour l’occasion, entend protester contre la criminalisation de la société civile et l’impunité des mouvements d’extrême-droite. En parallèle, des défilés similaires sont organisés dans d’autres villes de Russie et d’Europe.
A Paris, de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, dont Reporters sans frontières, relaient cet appel en soutien aux militants confrontés à l’intimidation, aux agressions, ou aux menaces de mort (voir ci-dessous le texte de l’appel).
L’enquête sur l’assassinat de Stanislav Markelov et Anastassia Babourova, après avoir suscité l’espoir avec l’arrestation de deux suspects appartenant à une mouvance néo-nazie début novembre, semble de nouveau piétiner. Nikita Tikhonov, présenté comme le tireur, s’est rétracté et attribue ses aveux initiaux à de mauvais traitements et des menaces de représailles sur sa femme. Le 29 décembre, dans une requête au parquet, il expliquait avoir été arrêté 24h avant le moment mentionné dans le procès-verbal et avoir été passé à tabac toute la nuit. Le masque noir dont il était revêtu lors de son arrestation aurait été destiné à cacher les coups qu’il avait reçus. En attendant la progression des investigations, les deux suspects, Nikita Tikhonov et Evguenia Khasis, sont maintenus en détention provisoire jusqu’au 19 avril.
Selon les enquêteurs du FSB, le même groupuscule pourrait se trouver derrière d’autres assassinats politiques perpétrés ces dernières années. Tout en saluant une détermination à lutter enfin contre l’extrême-droite qui trancherait avec le laxisme habituel des autorités, nombre de défenseurs des droits de l’homme ont exprimé leur crainte qu’un bouc émissaire tout trouvé masque une impunité persistante.
Anastassia Babourova et Stanislav Markelov avaient été abattus à la sortie d’une conférence de presse durant laquelle ce dernier avait dénoncé la libération anticipée du colonel Youri Boudanov, condamné en 2003 à dix ans de prison pour avoir étranglé une jeune Tchétchène. La jeune journaliste s’intéressait particulièrement aux mouvements néo-nazis et à la recrudescence du racisme.
(Photo AFP)
Un an après l’assassinat de Stanislav Markelov et d’Anastassia Babourova en Russie, Justice et solidarité
Rassemblement à la Fontaine des Innocents Paris M° Les Halles
Mardi 19 janvier à 17H30
Alors que va s’ouvrir l’année de la Russie en France, nous, militants de la solidarité internationale, syndicalistes, militants associatifs, défenseurs des droits de l’Homme ou amis de ceux et celles qui défendent leurs droits dans la Fédération de Russie, dans le Caucase, appelons à un rassemblement à Paris contre les assassinats politiques, à l’instar des initiatives prises en Russie au même moment.
Il s’agit pour nous de protester à cette occasion contre les répressions, assassinats, agressions, qui ont fait de trop nombreuses victimes pendant l’année qui vient de se dérouler.
Entre autres : Stanislav Markelov, avocat défendant les militants des mouvements sociaux, des syndicats et plus généralement des droits de l’Homme en Fédération de Russie, Anastassia Babourova, journaliste à Novaïa Gazeta assassinés le 19 janvier 2009, ainsi qu’au cours des derniers mois : Feodor Filatov, Ivan Khoutorskoi, militants antifascistes, Natalia Estemirova, membre du bureau de Mémorial à Grozny, Zarema Sadoulaeva de l’ONG tchétchène « Sauvons notre génération » et son mari, Makcharip Aouchev, membre de l’opposition et défenseur des Droits de l’Homme en Ingouchie... A cette liste de militants, il faut ajouter les dizaines de meurtres et les centaines d’agressions racistes qui se sont déroulés sur le territoire russe, parmi eux, Serguei Nikolaev, Bair Sambuev...
Nous voulons rappeler à cette occasion que des bandes armées, des milices paramilitaires, des agresseurs racistes continuent d’agir en toute impunité. Que l’Etat est responsable de plusieurs de ces faits, et quand ce n’est pas le cas, que la justice, la police par leur inaction et leurs mensonges, sont les complices de ces agissements. Aucune "année de la Russie" ne saurait faire l’impasse sur une telle situation.
- Nous apportons notre soutien à ceux qui luttent pour que les criminels soient poursuivis et les instigateurs des crimes jugés ;
- Nous nous opposons avec eux aux atteintes portées aux droits syndicaux et aux libertés fondamentales ;
- Nous dénonçons la répression et la criminalisation des résistances et de la société civile qui s’étend dans la Fédération de Russie, le Caucase du Nord, ceci alors que le gouvernement français va célébrer « l’année de la Russie »
A l’appel du Convoi Syndical pour la Tchétchénie, Comité Tchétchénie, Assemblée Européenne des Citoyens, Cedetim, FIDH, LDH, RSF, Comité Sokolov, Salp Reflex No Pasaran, Maison de l’Europe et d’Orient, Marches Européennes, NPA, Les Verts, Parti de Gauche...

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