Reporters sans frontières

Six ans après la mort de Martin O’Hagan : l’enquête piétine toujours

Publié le jeudi 27 septembre 2007.
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“Six ans après la mort de Martin O’Hagan, les difficultés rencontrées dans l’établissement de la vérité sur la mort du journaliste du Sunday World sont d’autant plus choquantes, qu’elles sont dûes en partie, à l’absence de détermination des services de police. Il est incroyable que l’espoir de révélations susceptibles de faire avancer l’enquête proviennent de membres de groupuscules paramilitaires”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Néanmoins, nous nous réjouissons de l’ouverture d’une investigation sur les liens plus que douteux entre ces groupes et les services de police au moment des faits”, a ajouté l’organisation.

En décembre 2006, l’enquête ouverte par l’officier de police judiciaire du comté chargé de l’enquête avait abouti à la conclusion que le journaliste avait été assassiné en raison de ses activités professionnelles, et plus particulièrement, à cause de ses récentes investigations sur les trafics de drogue au sein d’un groupe paramilitaire, la Loyalist Volunteer Force. Huit suspects potentiels ont été interrogés mais, faute de preuves suffisantes, la police s’est vue contrainte d’abandonner les poursuites.

Les organisations non gouvernementales, telles que British Irish Rights Watch, ainsi que le Special Rapporteur on Freedom of Expression, ont poursuivi l’enquête indépendamment des forces de police. Grâce à leurs efforts, des éléments et témoignages nouveaux ont pu être apportés et transmis à la police.

Depuis la réouverture de l’enquête, au moins un membre d’un groupe paramilitaire de l’époque a déclaré être prêt à révéler des information capitales en échange d’une immunité pénale. Ce nouveau dévéloppement pourrait permettre de relancer les investigations sur la mort du journaliste.

Au début des années 90, le terroriste Billy Wright avait commandité l’assasinat de Martin O’Hagan, qui avait échoué. Le journaliste avait par ailleurs témoigné dans un procès en diffamation contre les allégations de collusion entre la police et les groupes armés protestants dans les années 1980. Le 28 septembre 2001 au soir, Martin O’Hagan avait été assassiné, alors qu’il rentrait à son domicile en compagnie de sa femme. Ce crime, ainsi que l’imposibilité de mettre des noms sur les responsables de l’attentat, avaient considérablement dégradé la situation de la liberté de la presse dans la région.

La première enquête sur l’assassinat du journaliste avait été vivement critiquée pour avoir systématiquement négligé la piste professionnelle, alors que Martin O’Hagan, avant d’être tué, préparait un livre consacré aux collusions entre les services de police et les groupes paramilitaires.

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