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Depuis le début du mouvement de protestation en février 2011, le régime d’Ali Abdallah Saleh a renforcé son contrôle sur les médias afin d’imposer un black-out sur le mouvement lui-même et sa répression par les forces de sécurité et leurs hommes de main. Le gouvernement a tout particulièrement œuvré à empêcher la diffusion d’images des violences perpétrées par les forces de l’ordre. Toute une série de mesures répressives a été déployée contre non seulement les professionnels de l’information yéménites, mais également les journalistes étrangers venus couvrir les événements.
Jusqu’en février 2011, les médias du pays étaient largement contrôlés par un gouvernement peu ouvert à la critique. Le code de la presse actuellement en vigueur date de 1990. Un projet de réforme, en discussion depuis plusieurs années, a été fortement critiqué par les professionnels des médias pour son caractère répressif. Il vise en effet à interdire toute investigation portant atteinte à la « sécurité nationale », à « l’unité nationale », ou aux « relations extérieures » du pays. Ce texte prévoit des peines allant jusqu’à six ans de prison en cas de délit de presse.
En 2009, les autorités avaient renforcé leur mainmise sur les médias pour imposer le silence sur les offensives militaires dans le nord et le sud du pays. En mai de cette année-là, le ministre de l’Information avait interdit, au nom du principe d’“unité nationale du pays”, l’impression de huit journaux indépendants accusés de “séparatisme”.
Face au mouvement de soulèvement populaire en faveur de l’instauration d’un régime démocratique, le président Ali Abdallah Saleh n’a fait que renforcer les mesures déjà en place. L’année 2011 a été particulièrement dangereuse pour les journalistes et les médias qui ont subi toutes sortes d’exactions, de l’assassinat à l’enlèvement, des menaces au saccage des locaux, de la confiscation d’exemplaires au retrait d’accréditation.
Alors que la communauté internationale est désintéressée du Yémen, les exactions contre les populations civiles et les journalistes ont continué, en toute impunité.
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