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Le paysage audiovisuel a été bouleversé par des années de « guerre médiatique », après le coup d’État du 11 avril 2002, qui a brièvement écarté Chávez du pouvoir. La campagne pour le référendum, remporté par Hugo Chávez le 15 février 2009, sur la réélection illimitée, a encore accentué la polarisation médiatique. Parmi les quatre chaînes qui ont soutenu le putsch, Televen et Venevisión ont sauvé leur fréquence en modifiant leur ligne éditoriale ; Globovisión, qui maintient un ton critique vis-à-vis du gouvernement, a fait l’objet de six procédures administratives, certaines assorties de mises à l’amende, qui pourraient compromettre sa survie à l’antenne avant même l’expiration de sa concession de fréquence en 2013 ; Radio Caracas Televisión (RCTV), la plus ancienne chaîne de télévision et la plus regardée, a dû céder sa fréquence hertzienne à la chaîne culturelle publique Televisora venezolana social (Teves). Elle avait pu reprendre la diffusion de ses programmes sur le câble comme RCTV Internacional (RCTVI), mais a été victime d’une nouvelle réglementation en 2010.
L’article 10 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte), adoptée en novembre 2004, permet en théorie au gouvernement, en pratique au chef de l’État, de réquisitionner pour ses “cadenas” tous les médias hertziens. Le 21 janvier 2010 a été rendue publique une liste de 24 chaînes câblées (contre 160 y échappant) désormais soumises à la Loi Resorte. Publics ou privés, les médias concernés doivent se connecter à la principale chaîne d’État, Venezolana de Televisión (VTV), sous peine de forte amende ou de suspension. RCTVI a été suspendue pour cette raison le 24 janvier 2010. La chaîne a finalement accepté de s’enregistrer comme “producteur audiovisuel national” pour pouvoir reprendre ses émissions sur le câble. Ce qu’elle n’a pas obtenu pour le moment.
Le onzième anniversaire de l’entrée en fonctions de Chávez, le 2 février 2010, a coïncidé avec la 2.000e “cadena” du chef d’Etat. Jusqu’alors il avait parlé l’équivalent de presque deux mois pleins sans interruption. Ce décompte n’inclut pas l’émission dominicale “Aló Presidente”, que le chef de l’État anime lui-même sur VTV, ni le nouveau programme lancé le 18 février 2010, “De repente… Con Chávez” (“Tout à coup… avec Chávez”), sans horaire ni jour fixes.
Il y a de quoi s’inquiéter. Le 29 janvier 2010, la ministre de la Communication et de l’Information, Blanca Eeckhout, a accusé le quotidien Tal Cual de dissimuler derrière l’humour des “appels à la violence”. Visé : le chroniqueur Laureano Márquez, dont une précédente satire avait provoqué la colère de la présidence et coûté au journal plusieurs amendes d’un montant total de 50 000 dollars. Des accusations similaires ont été portées contre Miguel Ángel Rodríguez, de RCTVI, qui fait face aux poursuites pénales pour “incitation au coup d’État”. En revanche, la lutte contre l’impunité a connu deux pas importants à la fin du mois de février 2010 : les commanditaires présumés des assassinats des journalistes Orel Sambrano et Mauro Marcano sont sous les verrous.
Fiche réactualisée en mars 2010
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