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Au 1er septembre 2011
Paysage médiatique
La Tunisie compte toujours deux chaînes publiques : Tunisie 7, rebaptisée "Télévision tunisienne nationale", et Télévision tunisienne 2, qui a pris la place de Tunis 21. Deux chaînes privées avaient vu le jour : Hannibal TV, lancée en février 2005, et Nessma TV, en 2007. Mais les Tunisiens ont surtout les yeux braqués sur les chaînes satellitaires arabes, principalement Al-Jazeera qui a joué un rôle très important dans la couverture du soulèvement populaire.
Dans le secteur radiophonique, il existe quatre stations publiques nationales, cinq régionales et cinq privées, dont les licences avaient été accordées à des proches du président Ben Ali : Mosaïque FM qui a vu le jour en novembre 2003, Radio Jawhara, lancée dans la région du Sahel, Radio Zitouna, créée par le gendre de Ben Ali, qui propose des émissions religieuses, Shems FM, etc. Des radios indépendantes, clandestines sous l’ancien régime, telles que Radio Kalima ou Radio 6, attendent, comme celles créées après la chute de Ben Ali, qu’on leur accorde enfin des licences de diffusion.
Dans la presse écrite, les quotidiens et magazines, en français et en arabe sont nombreux. On retrouve les mêmes titres qu’auparavant, mais leur contenu est bien différent, loin des éloges quotidiennes à l’ancien président. La presse française est de nouveau normalement diffusée.
Liberté de la presse
La presse et la télévision abordent maintenant des sujets totalement ignorés du temps de Ben Ali, comme les problèmes sociaux. Même les dépêches de la très officielle agence de presse TAP ont changé de ton ! Mais si certaines têtes ont sauté, la majorité de la profession est restée en place. Les anciens défenseurs du régime Ben Ali se sont convertis en révolutionnaires et pionniers du changement. Jouissant d’une liberté de ton, certains médias oublient parfois les règles fondamentales de déontologie au profit du sensationnalisme ou de la complaisance.
En outre, de nouvelles lignes rouges semblent se dessiner, voire se renforcer. Les violences commises par les forces de l’ordre (police et armée), les dossiers de corruption concernant des proches de l’ancien Président, qui sont toujours présents en Tunisie, ou les problèmes rencontrés aujourd’hui par le gouvernement restent très peu abordés dans les médias. Par ailleurs, en mai et juillet 2011, quinze journalistes ont été violemment agressés par les forces de l’ordre, alors qu’ils couvraient une manifestation. Violence qui rappelle de mauvais souvenirs, comme si les anciennes méthodes étaient de retour, près de quatre mois seulement après la chute de Ben Ali. Par ailleurs, les déclarations du Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, en juillet dernier, qui rendait la presse en partie responsable de l’instabilité sociale et politique actuelle, sont inquiétantes.
La censure du Net a fait de nouveau son apparition en mai. Certaines pages Facebook ont été filtrées en application d’une réquisition émanant du juge d’instruction auprès du Tribunal militaire permanent de Tunis. Le 15 août 2011, la cour d’appel tunisienne a confirmé la décision du 27 mai 2011 du tribunal de première instance de Tunis, d’interdire l’accès aux sites pornographiques. L’Agence tunisienne de l’Internet devra donc mettre en place un système de censure et de filtrage. L’ATI, qui affirme ne pas avoir “les moyens financiers et techniques pour appliquer le jugement”, a annoncé qu’elle déposerait un recours devant la Cour de cassation.
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