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Depuis la prise du pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza en juin 2007, les professionnels des médias souffrent de la lutte pour le pouvoir que se livrent le Fatah et le Hamas dans les Territoires palestiniens.
Depuis la prise du pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza en juin 2007, les professionnels des médias souffrent de la lutte pour le pouvoir que se livrent le Fatah et le Hamas dans les Territoires palestiniens.
Les reporters palestiniens sont également dans une situation d’extrême vulnérabilité face aux exactions de l’armée israélienne. Pendant l’offensive militaire « Plomb durci » à Gaza, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, six journalistes gazaouis ont été tués, dont deux dans l’exercice de leurs fonctions, et une quinzaine ont été blessés. Par ailleurs, on recense au moins 33 journalistes palestiniens agressés ou blessés par des soldats israéliens en Cisjordanie au cours de l’année 2009.
Depuis juin 2007, une fracture nette s’est opérée entre, d’un côté, les médias proches de l’Autorité palestinienne et, de l’autre, ceux liés au Hamas. En 2009 comme en 2008, le Hamas et le Fatah se sont livrés à des représailles sans fin dans les Territoires palestiniens. Les journalistes en font quotidiennement les frais. Le nombre d’arrestations et d’interpellations a atteint un record en 2009 avec 61 cas. Les professionnels de l’information ayant des liens avec le Hamas sont convoqués, interpellés et arrêtés en Cisjordanie par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Les journalistes connus pour leur affinité avec le Fatah sont régulièrement menacés par la police du Hamas. Ce contexte politique très tendu a rendu difficile le travail des journalistes qui ne souhaitent pas adopter une ligne partisane.
Dans la bande de Gaza, pendant et après l’opération « Plomb durci » de l’armée israélienne, le gouvernement du Hamas a maintenu sa volonté de contrôler les médias à Gaza, mettant en péril la liberté de la presse. Ainsi, les forces de sécurité ont entravé le travail des journalistes, ne leur permettant pas d’accéder à certaines parties de la bande de Gaza. Certains journalistes ont subi de fortes pressions pour qu’aucune information critique à l’égard du Hamas ne se soit ouvertement formulée.
Si le quotiden Al-Ayyam a été à nouveau autorisé à être distribué dans la bande de Gaza le 12 février 2009, les journalistes dénonçant la politique du Hamas sont toujours victimes d’intimidation, d’agressions, d’arrestations arbitraires et de détentions abusives. En 2009, plus d’une vingtaine de professionnels des médias ont été arrêtés par les services de sécurité du ministère de l’Intérieur du Hamas, interrogés notamment sur leurs liens avec le Fatah et le « gouvernement de Ramallah ». La couverture de nombreux événements a également été interdite.
En août 2009, le ministère de l’Intérieur de Gaza a ainsi interdit l’entrée de la ville de Rafah (Sud) et l’accès à tous les hôpitaux de la bande de Gaza, aux journalistes palestiniens et étrangers. Cette décision fait suite aux heurts entre des combattants du Hamas et les membres du « Jund Ansar Allah » (groupe armé salafiste).
Victime d’un raid violent des forces de sécurité à Gaza, l’agence de presse privée Ramattan News a décidé, le 10 novembre 2009, de fermer temporairement l’ensemble de ses bureaux, en signe de protestation. Le même jour, des membres du Hamas ont empêché la tenue d’une conférence de journalistes indépendants à Gaza, événement organisé avec la Fédération internationale des journalistes, qui devait être diffusée par vidéoconférence à Ramallah, en Cisjordanie.
Ces mesures coercitives imposées par le Hamas contraignent les journalistes palestiniens à l’autocensure, et contribuent à retarder le retour des correspondants étrangers, qui ont déserté la bande de Gaza depuis l’enlèvement du journaliste britannique Alan Johnston le 12 mars 2007.
En Cisjordanie, les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne sont responsables de nombreuses arrestations arbitraires de journalistes proches du Hamas. Ainsi, pour la seule année 2009, une quarantaine de professionnels des médias travaillant principalement pour Al-Aqsa TV ont été arrêtés en Cisjordanie par la sécurité préventive ou les services de renseignements, et questionnés sur leur travail, les sources de financement de leur média, leurs relations avec les responsables officiels du gouvernement Hamas. Par ailleurs, l’Autorité palestinienne a fermé, le 15 juillet 2009, les bureaux d’Al-Jazeera en Cisjordanie, pour “diffusion de fausses informations“, suite à la diffusion d’une interview d’un homme politique palestinien qui avait mis en cause Mahmoud Abbas dans la mort de Yasser Arafat. Cette décision a été annulée quatre jours plus tard. Le 15 juin, les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne ont confisqué le matériel vidéo d’une équipe d’Al-Jazeera à Hébron. Le reportage portait sur un décès suspect survenu en détention.
Les interpellations de journalistes sont devenues des instruments de règlements de comptes politiques. Et personne n’est à l’abri. L’absence d’accord entre le Fatah et le Hamas pour organiser des élections présidentielle et législatives en 2010 risque de pérenniser cette situation.
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