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République centrafricaine

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62 sur 179 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 622 980 km²
  • Population : 4 950 027 (juillet 2011)
  • Langue : français, sango
  • Chef de l’Etat : François Bozizé, depuis 2003 (coup d’Etat puis élu en 2005 et en 2011)

A l’image du pays, la presse centrafricaine est un secteur foisonnant mais précaire, faute de moyens. Les médias souffrent de mauvaise gestion. L’influence de certains potentats locaux sur les radios provinciales et confessionnelles les pousse à l’autocensure.

La République centrafricaine, théâtre de coups d’Etat militaires à répétitions et de rébellions, demeure un Etat fragile partageant des frontières poreuses avec nombre de pays en crise. Arrivé par la force des armes en 2003, le président François Bozizé, élu successivement en 2005 et en 2011, s’est engagé dans la stabilisation d’un pays miné par des problèmes économiques, institutionnels, militaires, humanitaires et sociaux.

En dix ans de pouvoir, les changements ont été importants. L’année 2005 marque la promulgation de la loi relative à la liberté de la presse, l’adoption de la dépénalisation des délits de presse et la création du Haut Conseil de la communication. Depuis 2003, les arrestations et intimidations de journalistes ont considérablement diminué, et les relations entre le pouvoir et la presse, exécrables entre 1993 et 2003, se sont améliorées. Mais les journalistes payent toujours le prix d’une justice obsolète. Les haines politiques ont la vie dure et les journalistes centrafricains sont parfois la cible d’éléments "irritables" de l’armée.

Avec une presse écrite aux tirages limités et des stations de radio souvent isolées, la situation des médias dans le pays demeure fragile. La presse privée qui dénonce la corruption et rend compte des lassitudes des fonctionnaires impayés ou des révoltes de militaires abonde, mais son impact est réduit en raison du fort taux d’analphabétisme et des coûts élevés de la presse. La vétusté des infrastructures et l’irrégularité des publications posent la question de l’avenir de la presse écrite. A l’exception d’un enseignement encore jeune et inadapté à l’université de Bangui, il n’existe pas de réelle structure de formation. Le journalisme reste un métier d’appoint, pratiqué sur le tas. Certaines publications, à la recherche de financements, adoptent des lignes éditoriales partisanes, tant et si bien que certains médias deviennent les instruments d’intérêts privés et politiques.

La radio, média de prédilection en République centrafricaine, couvre difficilement l’ensemble du pays. Hormis la Radio Centrafrique et la télévision TVCA, publiques, le paysage audiovisuel centrafricain est composé de radios diffusant exclusivement à Bangui et de radios confessionnelles et provinciales, implantées sporadiquement sur un tiers du territoire et subissant directement les humeurs des potentats locaux. Les relations entre les médias et les autorités locales sont extrêmement tendues et les radios sont poussées à l’autocensure. La radio privée Ndéké Luka, financée par la fondation suisse Hirondelle et soutenue par l’ONU, offre des informations de qualité. Les infrastructures de l’État sont souvent archaïques, ce qui entraîne de fréquentes coupures d’électricité et freine drastiquement le développement d’Internet.

Inquiétés pour leurs articles relatant le détournement, par le ministre délégué à la Défense et fils du président, Jean-Francis Bozizé, de fonds octroyés par l’Union européenne et destinés aux militaires retraités, deux journalistes ont été arrêtés en mai et juin 2011. Faustin Bambou et Emmanuel Cyrus Sandy, respectivement directeurs de publication des hebdomadaires Les Collines de l’Oubangui et de Média Plus, ont été accusés d’"incitation à la haine et à la violence" avant d’être relâchés après un mois et demi de harcèlement procédurier. En guise de solidarité, les journaux Le Confident, Le Citoyen, Le Démocrate et L’Hirondelle avaient décidé d’observer, en juillet 2011, une "Journée sans presse". Même mésaventure pour Alexis Remangaï, journaliste au quotidien privé Le Confident, arrêté trois jours en septembre 2010 suite à une plainte en "diffamation" déposée par un responsable du ministère centrafricain des Mines. L’année précédente, en 2009, les journaux privés L’Hirondelle et Le Citoyen avaient été suspendus temporairement et accusés de mettre en cause la souveraineté du pays.

Fiche réactualisée en octobre 2011

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