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Paraguay

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La création de médias publics, en particulier télévisuels, comptait parmi les priorités du gouvernement de Fernando Lugo, l’ancien évêque des pauvres arrivé au pouvoir en 2008. Le 19 janvier 2009, l’agence d’information du gouvernement, IPParaguay, a ainsi vu le jour, puis, le 15 septembre 2011, la chaîne publique TV Pública. Or le 22 juin 2012, Fernando Lugo a été victime d’une destitution expresse et controversée par le Parlement. Son vice-président, Federico Franco, a pris la tête du nouveau gouvernement. Depuis ce coup de force institutionnel, que certains n’hésitent pas à qualifier de coup d’Etat parlementaire, une campagne de prise en main du service public d’information et de communication s’est mise en place.

La purge idéologique a concerné les employés ayant participé ou couvert la dénonciation du coup de force institutionnel. Dès le 22 juin, les directeurs de TV Pública et IPParaguay ont renoncé à leurs fonctions. Le 12 juillet, 8 journalistes et professionnels de la communication issus des médias publics ou employés au sein de l’ancienne administration ont eu confirmation définitive de leur renvoi. Le 4 septembre, ce sont 27 employés de TV Pública qui ont été licenciés sans préavis. Plusieurs programmes d’opinion des médias publics ont subi des interruptions comme "Ape ha Pepe" et "Red Pública" de Radio Nacional, ou "Microfono Abierto" de TV Pública.

Toujours privées de statut légal en bonne et due forme, les radios communautaires, pour la plupart mobilisées contre le nouveau gouvernement, subissent de fortes pressions. Le bras de fer entre Fernando Lugo et le Parlement qui l’a finalement destitué portait notamment sur la loi de télécommunications dont plusieurs modifications récentes pouvaient compromettre l’avenir de ces radios, aux faibles ressources et souvent en attente de licence de diffusion. Depuis le coup de force parlementaire, le représentant des principaux médias audiovisuels privés et commerciaux du pays, Javier Correa (président de l’URP, Union des Radiodiffuseur du Paraguay), a réclamé auprès du nouveau gouvernement la fermeture de 1 200 radios pirates qu’il accuse d’ “inciter au délit”.

Le pays pâtit également de situations d’impunité persistantes, comme dans le cas de l’assassinat, le 3 mars 2011, de Merardo Alejandro Romero Chávez, directeur de programme pour la radio communautaire La Voz de Ytakyry, assassinat dont les commanditaires présumés bénéficient d’une scandaleuse mansuétude judiciaire. Il en va de même pour d’autres crimes de journalistes communautaires ou indépendants récemment commis.

Fiche réactualisée en septembre 2012

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