Accueil - Rapport mondial
Le secteur de la presse et de la communication au Niger se caractérise à la fois par sa diversité et sa précarité. Depuis la fin du régime de Mamadou Tandja en 2010, les atteintes à la liberté de la presse ont considérablement diminué. Le pays peut devenir un modèle régional de bonne gouvernance et de respect de la liberté des médias, mais il doit d’abord consolider ses acquis.
Au Niger, le coup d’Etat militaire du 18 février 2010 a mis fin au régime du président Mamadou Tandja qui, par une réforme intéressée de la Constitution, avait rêvé de se maintenir plus longtemps au pouvoir. Il a ouvert la voie à une transition, menée par le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), débouchant sur l’élection de Mahamadou Issoufou, début 2011, au poste de président de la République.
Le pays compte une cinquantaine de publications hebdomadaires et mensuelles diffusée surtout en milieux urbains, une trentaine de stations de radio, sept chaînes de télévision (deux publiques et cinq privées) et à peu près cent vingt radios communautaires. Les médias en ligne, en revanche, demeurent presque inexistants.
La presse jouit d’une grande liberté de ton et s’apparente même à une presse d’opinion, mais elle évolue dans un contexte économique très difficile. Pratiquement aucun journaliste ne dispose d’un contrat professionnel, il n’existe pas de salaire minimum. Les médias souffrent d’un manque endémique de moyens. Il n’existe qu’un seul quotidien (Le Sahel, public). Niamey dispose cependant d’un Institut de formation aux techniques de l’information et de la communication (IFTIC) qui forme la plupart des journalistes. L’école est reconnue et attire des étudiants venant de pays voisins comme le Burkina Faso par exemple.
La fin du régime de Mamadou Tandja avait été marquée par de nombreuses violations de la liberté de la presse. Plusieurs journalistes ont effectué des séjours en prison, comme le directeur de la station privée Saraounia et correspondant au Niger de Radio France Internationale, Moussa Kaka. Certains médias, comme le groupe de presse Dounia, basé à Niamey, et la radio Sahara FM, émettant depuis Agadez, ont été harcelés et parfois suspendus par le Conseil supérieur de la communication (CSC, organe de régulation).
Mais presque immédiatement après le coup d’Etat du 18 février 2010, des Etats généraux de la presse ont été organisés à Niamey par le régime de transition. Il en a résulté la réouverture de la Maison de la Presse (fermée sous Mamadou Tandja).
Puis, trois lois ont été adoptées en juin 2010 et février 2011, dépénalisant les délits de presse, créant un nouvel organe de régulation des médias et garantissant l’accès à l’information publique. Depuis l’élection présidentielle de début 2011, Mahamadou Issoufou et son gouvernement ont démontré leur respect pour le travail des médias et se sont publiquement engagés à défendre la liberté de la presse. Le chef de l’Etat a même fait part de sa volonté d’être l’"avocat" de la liberté de la presse auprès de ses pairs africains.
La situation appelle cependant à la vigilance. En l’espace d’un an, une dizaine de plaintes ont été déposées devant l’Observatoire nigérien indépendant des médias pour l’éthique et la déontologie (Onimed) par des individus estimant avoir été diffamés par des organes de presse, soulignant le manque de professionnalisme des médias. En juillet 2011, le directeur de publication de l’hebdomadaire Le Canard Déchaîné a été brièvement emprisonné, malgré l’ordonnance portant régime de la liberté de la presse supprimant les peines de prison pour les journalistes. Certains réfractaires voudraient remettre en cause la dépénalisation des délits de presse. Des tensions existent aussi parfois entre médias publics et médias privés. Enfin, en province, à Agadez notamment, les journalistes sont régulièrement confrontés aux excès de zèle de certaines autorités locales qui les empêchent de travailler librement.
Fiche réactualisée en octobre 2011
Comment nous
utilisonS vos dons

61,1% Mission sociale réalisée en France
21,8% Mission sociale réalisée à l'étranger
10,3% Frais de fonctionnement
5,1% Frais de recherche de fonds : coût des appels aux dons et liés à la recherche de fonds privés et de subventions publiques
1,7% Dotations aux provisions