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Après cinq années d’alternances parfois heurtées entre pouvoir militaire et pouvoir civil, le pays se stabilise peu à peu. Concernant la presse, la législation est la plus favorable de la sous-région. Récemment, l’emprisonnement d’un journaliste en ligne a beaucoup terni l’image du pays, mais la situation peut être considérée comme globalement satisfaisante.
Le coup d’Etat militaire du 3 août 2005 a radicalement changé le climat pour la presse mauritanienne. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les verrous de la censure ont été levés dans les semaines qui ont suivi la chute du gouvernement civil. Les obstacles bureaucratiques à la parution des journaux, sous lesquels se cachait une véritable machine à réprimer, ont été écartés. La diffusion de RFI a été rétablie. Depuis cette date, la Mauritanie a passé de nombreuses épreuves avec succès : un référendum constitutionnel, des élections municipales, législatives et présidentielle justes et transparentes, une couverture du scrutin présidentiel de 2007 équilibrée dans les médias. Si la liberté de la presse est devenue une réalité, les chantiers restent nombreux et la situation demeure très fragile, comme n’a pas manqué de le rappeler, en juin 2009, l’affaire Hanevy Ould Dehah.
Injustement condamné à six mois de prison ferme pour "atteinte aux bonnes mœurs", le directeur du site Internet Taqadoumy, Hanevy Ould Dehah, a été gardé en détention arbitraire au-delà du terme de sa peine. Rejugé puis condamné à nouveau, le journaliste a finalement été gracié par le chef de l’Etat après huit mois sous les verrous. Cette affaire a révélé l’urgence d’intégrer des dispositions relatives à Internet dans la loi sur la presse pour combler le vide juridique qui frappe le secteur des nouveaux médias.
Depuis la chute de la dictature de Maaouiya Ould Taya, en 2005, les problèmes de la presse mauritanienne sont à la fois plus légers et plus complexes. Sous l’ancien président, en vertu de l’article 11 de l’ordonnance-loi du 25 juillet 1991 relative à la liberté de la presse, les journaux étaient régulièrement saisis et les journalistes jetés en prison, dès lors qu’ils abordaient les sujets "tabous" comme l’esclavage. Avec la nouvelle législation démocratique, les journaux ont fleuri, libres d’aborder les sujets sensibles. La presse mauritanienne reste divisée et les journaux à scandale, dits "peshmergas", ont fini par dominer le paysage médiatique.
Outre la nécessaire réforme législative concernant Internet, il appartient désormais au gouvernement d’assainir le secteur des médias, de libéraliser efficacement les ondes et d’aider la presse à survivre dans un environnement économique difficile.
Fiche réactualisée en mars 2010
Mauritanie - 26 février 2010
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