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La justice israélienne vient d’envoyer un signal fort aux journalistes israéliens et à leurs sources en condamnant, le 30 octobre 2011, la journaliste Anat Kam à quatre ans et demi de prison ferme, assortis de 18 mois avec sursis, pour « espionnage » et « divulgation de documents militaires » au quotidien israélien Haaretz, au cours de son service militaire entre 2005 et 2007. Le journaliste Uri Blau à qui elle avait transmis les documents est quant à lui poursuivi pour « possession d’informations confidentielles, sans autorisation et sans intention de nuire à la sécurité de l’Etat ». Il risque jusqu’à sept ans de prison, en vertu de l’article 113-c du Code pénal. Les articles qu’il avait écrits sur la base de ces documents avaient pourtant été approuvés par la censure militaire, conformément à la loi israélienne.
De plus, depuis près de cinq ans, les journalistes israéliens, du fait de leur nationalité, ont interdiction d’entrer dans les Territoires. Seule Amira Hass, correspondante du journal Haaretz, brave l’interdit en habitant à Ramallah.
Par ailleurs, l’armée israélienne s’est rendue coupable de multiples exactions contre les professionnels des médias dans les Territoires palestiniens.
Pendant l’offensive militaire « Plomb durci » à Gaza, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, les autorités israéliennes ont imposé un blocus de la bande de Gaza aux médias étrangers, « pour raison de sécurité ». Ce verrouillage constituait une violation grave de la liberté de la presse. Au cours de ce conflit, six journalistes ont été tués, dont deux dans l’exercice de leurs fonctions, et une quinzaine ont été blessés.
En juin 2009, deux journalistes d’Al-Jazeera, embarqués à bord du bateau “Spirit of Humanity“ pour couvrir une opération humanitaire organisée par l’organisation Free Gaza, destinée à briser le blocus imposé par Israël à la population gazaouie depuis la prise du pouvoir par le Hamas en 2006, ont été arrêtés par les autorités israéliennes avant d’être expulsés quelques jours plus tard.
En mai 2010, la « flottille de la Liberté » à destination de Gaza a fait l’objet d’un violent assaut de la part de l’armée, faisant 9 morts et 36 blessés parmi les passagers. Les autorités israéliennes avaient temporairement interdit la diffusion de toute information sur les victimes transférées vers les hôpitaux en Israël. Plus d’une soixantaine de journalistes avaient été arrêtés et expulsés. Leur matériel avait été confisqué. Beaucoup en attendent toujours la restitution.
Le 26 juin 2011, le directeur du bureau de presse du gouvernement a décidé que les journalistes embarquant à bord d’une flottille à destination de Gaza seraient considérés comme hors-la-loi, et par conséquent se verraient interdire d’entrer en Israël pour dix ans. Devant le tollé suscité par cette annonce, le Premier ministre israélien est revenu sur cette décision le lendemain.
En août 2011, les autorités israéliennes ont empêché les passagers et les journalistes devant participer à la nouvelle flottille d’embarquer.
Les journalistes palestiniens restent une des cibles principales de Tsahal. Ainsi, Mohamed Othman, photojournaliste, a été grièvement blessé par le tir d’un soldat israélien, le 15 mai 2011, alors qu’il se trouvait à proximité du check-point de Beit Hanoun (Erez) dans la bande de Gaza, pour couvrir les affrontements entre des jeunes palestiniens et l’armée israélienne à l’occasion de la célébration de la “Nakba”. Touché à la poitrine, il reste handicapé à vie. Samir Allawi, directeur du bureau d’Al-Jazeera à Kaboul, a été arrêté en août avant d’être libéré fin septembre.
Mise à jour le 1er novembre 2011
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