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Guinée

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86 sur 179 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 245 857 Km²
  • Population : 10 211 437 (2008)
  • Langue : français
  • Chef de l’Etat : Alpha Condé, depuis 2010

Libre mais traversée par les tensions ethniques et chahutée tant par des hommes en uniforme que par le pouvoir civil, la presse guinéenne balance entre espoirs et inquiétudes. Après de longues années de régime militaire, la Guinée dit avancer vers la démocratie mais la situation politique reste fragile et les nouvelles autorités, élues fin 2010, ne semblent pas enclines à défendre la liberté de la presse.

En 2010, le Conseil national de transition (CNT) que présidait le général Sékouba Konaté a conduit à l’organisation de la première élection libre et transparente de l’histoire de la Guinée, que l’opposant historique Alpha Condé a remportée. Le nouveau chef de l’Etat est-il un démocrate sincère ou un despote en puissance ? Quelle place réserve-t-il à la presse locale dans le processus de changement qu’il promet pour la Guinée ? Nul ne le sait. Alpha Condé est perçu comme distant, voire méprisant, vis-à-vis de la presse nationale. Il n’a donné aucun signe pour contredire sa réputation et rassurer les journalistes.

Sous le régime de Lansana Conté (1984-2008), la presse privée guinéenne a gagné de haute lutte le droit de critiquer le gouvernement ou le chef de l’Etat. Aujourd’hui, le pays présente un paysage médiatique libre et pluraliste avec plus d’une trentaine de journaux, autant de radios privées et deux chaînes de télévision privées. Bénéficiant d’une libéralisation des ondes récente, la radio est le média le plus populaire et les émissions interactives connaissent un fort succès. Le secteur des nouveaux médias, enfin, se développe rapidement. Le pays compte plusieurs blogueurs et plus d’une cinquantaine de sites Internet. La presse satirique, symbolisée par l’emblématique Lynx, est devenue aujourd’hui puissante. Elle pratique la critique, voire la caricature, et jouit d’une grande liberté de ton, ce qui lui vaut parfois les représailles des institutions ou des personnalités visées.

La transition démocratique de 2010 a été une période porteuse d’espoirs. Le principe de la liberté de la presse a été inscrit dans la Constitution guinéenne et trois nouvelles lois ont été promulguées par le général Sékouba Konaté : une portant sur la liberté de la presse et consacrant la dépénalisation des délits de presse, une autre créant un nouvel organe de régulation des médias, la Haute Autorité de la Communication (HAC), et enfin une dernière garantissant l’accès à l’information publique.

Mais depuis qu’Alpha Condé a été élu à la tête de l’Etat, aucune de ces lois n’est encore appliquée. Parallèlement, les exactions contre les journalistes, les descentes dans les rédactions et les mesures liberticides contre les médias ont repris. Exemple le plus grave, le Conseil national de la communication (CNC), organe de régulation, a interdit à tous les médias, fin juillet 2011, d’évoquer l’attentat commis contre la résidence privée du chef de l’Etat. Une mesure heureusement levée au bout de 72 heures.

Enfin, la Radio-Télévision Guinéenne (RTG) doit devenir un véritable média de service public, ouvert à toutes les forces politiques et dans lequel se reconnaît l’ensemble de la société guinéenne. Trois journalistes ont été évincés, début mai 2011, de la présentation du journal télévisé. A Conakry, on laisse entendre que ces derniers ont été sanctionnés pour leur proximité supposée avec l’Union démocratique des forces de Guinée (UFDG, opposition) et que la décision de les mettre à l’écart aurait été prise au plus haut sommet de l’Etat.

Fiche réactualisée en août 2011

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