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Ethiopie

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Certes, l’Ethiopie de Meles Zenawi n’est pas la dictature de Mengistu, renversée en 1991, qui a maintenu sur le pays une chape de plomb de style stalinien. Des journaux privés animent la vie intellectuelle de la capitale, Addis-Abéba, et d’autres centres urbains en province. Mais le climat, qui s’est considérablement dégradé depuis 2005, est tout de même à l’hostilité et l’autocensure est très répandue.

De lourdes peines de prison sont prévues pour les journalistes que la justice estime coupables de "diffamation" ou de "publication de fausses nouvelles". De même pour ceux poursuivis pour "activités terroristes" en vertu de la loi anti-terroriste de juillet 2009. Les correspondants étrangers en poste en Ethiopie doivent s’efforcer de ne pas embarrasser le gouvernement par leur couverture de la situation, au risque sinon d’en payer le prix en étant expulsés. Siège de l’Union africaine (UA), Addis-Abeba déçoit en ne respectant pas la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Dans ce pays à la législation liberticide, le spectre de la répression postélectorale de 2005, au cours de laquelle le pouvoir avait arrêté une vingtaine de responsables de journaux, hante toujours les journalistes de la presse privée. Depuis, ces derniers travaillent dans des conditions difficiles. Harcelés, intimidés, découragés par les "avertissements" (officiels ou non) invitant à ne pas franchir les lignes rouges, certains d’entre eux en sont réduits à s’autocensurer ou, dans le pire des cas, sont contraints à l’exil. Le gouvernement de Meles Zenawi s’attache quant à lui à maintenir un contrôle total sur l’information diffusée par les médias publics, toujours en situation de monopole dans le secteur audiovisuel.

Le recours à l’argument sécuritaire pour museler les voix dissidentes s’est considérablement accentué en 2011. En juin, deux journalistes éthiopiens – Reyot Alemu, éditorialiste pour l’hebdomadaire en langue amharique Fitih, et Woubeshet Taye, directeur adjoint de l’hebdomadaire en langue amharique Awramba Times – ont été arrêtés. Dans une autre affaire, un mois plus tard, deux journalistes suédois, Martin Schibbye et Johan Persson, ont également été arrêtés, alors qu’ils entraient dans la région de l’Ogaden (Sud-Est), une zone fermée à la presse locale et internationale. Les quatre journalistes ont été officiellement inculpés pour "activités terroristes" en septembre. Les deux Suédois ont été condamnés à 11 ans de réclusion. Quant aux Ethiopiens, ils ont écopé d’une peine de 14 ans de prison ferme. Au moins trois journalistes ont fui le pays fin 2011, de peur d’être arrêtés.

En 2010, l’Ethiopie comptait environ 500 000 internautes. Le seul fournisseur d’accès Internet disponible est public – il s’agit d’Ethio Telecom –, ce qui facilite le contrôle de la toile par le gouvernement. Un contrôle qui reste limité (quelques sites de l’opposition sont victimes de censures politiques), notamment en raison du faible taux de pénétration (0,5%). Les infrastructures du Net sont encore peu développées.

Fiche réactualisée en mars 2012

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