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  • Superficie : 9 629 090 km2
  • Population : 306 000 000
  • Langue : anglais
  • Chef de l’État : Barack Obama (depuis janvier 2009)

La Chambre des représentants a approuvé une proposition de « loi-bouclier » fédérale garantissant aux journalistes la protection de leurs sources. Tentant de rompre avec les pratiques de l’administration Bush, le gouvernement de Barack Obama a donné des gages en matière d’accès du public à l’information officielle.

Après huit années de mandat de George W. Bush marquées par une grave régression des libertés publiques au nom de la “sécurité nationale”, l’arrivée de Barack Obama au pouvoir a suscité beaucoup d’optimisme. Ces espoirs ont été rapidement déçus.

Tout d’abord une absurdité juridique demeure, celle-là même qui avait coûté la prison à des journalistes sous la précédente mandature. Quarante États de l’Union disposent d’une législation garantissant à la profession le secret des sources, mais il n’existe rien au niveau fédéral. Une nouvelle “loi-bouclier” allant dans ce sens a été réintroduite au Congrès après l’élection de 2008 et à nouveau votée à la Chambre des représentants. Elle se heurte à présent à des blocages sénatoriaux. Toujours au nom de la “sécurité nationale”.

Un même revirement, et pour des motifs identiques, a présidé à l’entrée en application du Freedom of Information Act sur l’accès des citoyens à l’information publique. Une directive prometteuse du ministre de la Justice Eric Holder disposait que la rétention d’informations par les administrations devait rester exceptionnelle. En mai 2009, au grand dam des associations de défense des libertés publiques et malgré une injonction de la justice fédérale, la Maison Blanche a décidé d’interdire de diffusion les photos de sévices infligés par l’armée américaine à des prisonniers en Irak et en Afghanistan. Officiellement, “pour ne pas mettre en danger les forces américaines et leurs alliés”. Si certains de ces clichés circulent déjà sur la Toile, la CIA a confirmé, en avril 2010, avoir procédé dès 2005 à la destruction du maximum de preuves (images et vidéos) d’actes de torture commis dans ses prisons secrètes et à Guantanamo.

Barack Obama avait promis dès son investiture de vider de ses prisonniers la base militaire implantée sur le sol cubain. A ce jour, des “ennemis-combattants”, ainsi nommés durant la “guerre contre le terrorisme” de George W. Bush y séjournent encore. Quatre journalistes canadiens et américains en ont été expulsés en mai 2010 sur ordre du Pentagone pour avoir publié le nom d’un témoin de certaines techniques d’interrogatoire. Un cadre de l’armée s’est par ailleurs retrouvé en prison au cours de la même période, accusé d’être la source présumée du site Wikileaks : une vidéo publiée en ligne sur le site en avril 2010 révélait que l’armée américaine, lors d’un raid héliporté sur Bagdad en juillet 2007, avait tué délibérément deux employés locaux de l’agence Reuters.

Au chapitre strictement judiciaire, justice tarde à être rendue trois ans après l’assassinat, en août 2007, du rédacteur en chef de l’hebdomadaire Oakland Post, Chauncey Bailey. Une Cour supérieure de Californie a en effet ajourné, en mai 2010, une audience portant sur la possible délocalisation du procès de son assassin présumé, Yusuf Bey IV. Chauncey Bailey enquêtait juste avant sa mort sur les délicatesses financières de la Your Black Muslim Bakery, une entreprise communautaire locale que Yusuf Bey IV dirigeait officiellement. Celui-ci bénéficiait, en outre, de complicités au sein de la police locale.

Une autre affaire, de peine capitale, attend toujours son dénouement. Ancien journaliste de radio, et militant des Black Panthers, Mumia Abu-Jamal a été condamné à mort en 1982 pour l’assassinat, dont il a toujours nié être l’auteur, du policier Daniel Faulkner. En mars 2008, la cour d’appel fédérale de Philadelphie a commué à une voix près cette condamnation en réclusion criminelle à perpétuité mais l’État de Pennsylvanie a déposé un recours contre cette décision devant la Cour suprême fédérale. En octobre 2008 et avril 2009, la plus haute juridiction a malheureusement rejeté les recours des avocats du condamné portant sur l’organisation d’un nouveau procès, compte tenu des très nombreuses irrégularités entourant la procédure. Plus grave, le 19 janvier 2010, la Cour suprême a ordonné à la cour d’appel fédérale de Pennsylvanie de revenir sur une précédente décision qu’elle avait rendue, en mars 2008, concernant la sélection d’un nouveau jury chargé de statuer sur la peine infligée au journaliste. La cour pennsylvanienne doit désormais décider à nouveau si Mumia vivra ou non.

Fiche réactualisé en juillet 2010

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