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50 ans après sa création, le mouvement terroriste ETA, qui réclame l’indépendance du Pays basque, n’a toujours pas pu être éradiqué. Tous les médias ne sont pas soumis aux pressions de l’ETA avec la même intensité. Mais tous les journalistes dénoncent un climat d’hostilité. Lettres de menaces après parution d’articles, diffusions de listes noires des médias « ennemis », interruptions de reportages, manifestations devant les rédactions, jets de cocktails Molotov ou attentats contre les répartiteurs des télévisions, affiches collées dans les rues citant les noms et les adresses des journalistes « ennemis » sont autant de moyens de pressions utilisés par les militants de l’organisation. Une partie des journalistes bénéficie d’une protection policière ou d’une garde rapprochée. L’attentat à la voiture piégée le 31 décembre 2008 à Bilbao contre le siège de la radiotélévision basque EiTB, et de plusieurs autres médias (El Mundo, Deia, Onda cero, Antena 3, Expansion et Marca), a rappelé que l’activisme de l’ETA à l’encontre des médias demeure d’actualité.
Moins violent mais tout aussi récurrent, le problème de la couverture médiatique en période électorale s’est à nouveau posé à l’occasion des élections générales de mars 2008. Accès limité aux candidats, interdiction d’enregistrer leurs interventions pendant leurs meetings, débats réglés au millimètre, conférences de presse sans questions, entraves et complications administratives... La liste est longue des griefs de la presse contre les limites imposées à la couverture de la campagne pour les élections législatives du 9 mars 2008. Les tentatives pour établir une loi régissant le rôle des médias publics pendant les campagnes électorales n’ont jusqu’à présent toujours pas abouti. Les exigences de certains partis politiques ou de leurs conseillers en communication transforment les journalistes en simples spectateurs. Elles réduisent leur liberté éditoriale à un simple espace de propagande politique.
S’il faut saluer la relaxe en décembre 2008 des deux humoristes, Josetxu Rodriguez et Javier Ripa de l’hebdomadaire Caduca Hoy, et du journaliste Nicola Lococo du journal Gara poursuivis pour une caricature du roi Juan Carlos, celle des caricaturistes Guillermo Torres et Manel Fontdevilla du quotidien El Jueves se fait toujours attendre. Les deux dessinateurs devraient bénéficier d’une décision identique au vu de la similarité des deux affaires.
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