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Derrière le visage bon enfant du président Ismaël Omar Guelleh, IOG comme l’appellent les Djiboutiens, se cache un ancien membre de la police coloniale française bridant les libertés politiques et publiques et maintenant un secteur des médias monolithique. Le chef de l’Etat a entamé un troisième mandat en avril 2011, à l’issue d’une élection présidentielle partiellement boycottée par l’opposition. Sous son règne, le pays s’est peu à peu fermé au monde et à la critique. L’ONG International Democracy, venue mener une mission d’observation, a d’ailleurs été expulsée du pays peu avant l’élection, en mars 2011.
Djibouti est un trou noir médiatique. Et pour cause, les journalistes étrangers sont indésirables et l’Etat détient le monopole de l’information nationale à travers une presse publique omniprésente et à la solde du régime. Les uns après les autres, les journaux d’opposition ont tous été fermés, sur décision judiciaire ou à cause des techniques d’asphyxie économique utilisées par le gouvernement pour museler les médias. Le Renouveau, bulletin du parti MRD (Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement) a dû fermer en mai 2007 après plusieurs mois de harcèlement. Les seuls médias tolérés, la Radio Télévision Djiboutienne et La Nation (Al Qaran pour la version arabophone), contrôlés par le ministère de la Culture et de la Communication, et Le Progrès, bulletin du RPP (Rassemblement populaire pour le progrès – au pouvoir), prêchent des prises de positions partisanes.
La loi sur la Liberté de la Communication, adoptée en 1992, pose en elle-même un défi à la liberté d’expression, au journalisme d’investigation et au pluralisme médiatique. Elle prévoit des peines privatives de liberté en cas de délit de presse ainsi que des contraintes d’âge et de nationalité pour créer un média. Attendue depuis 1992, la Commission nationale de la communication, organe censé attribuer les licences de radio et de télévision, n’a toujours pas vu le jour. En janvier 2005, l’émetteur FM de Radio France Internationale (RFI) dans la capitale a été fermé après la diffusion de reportages sur l’assassinat, en 1995, du juge français Bernard Borrel. RFI continue cependant d’émettre en ondes courtes. Les radios BBC et Voice of America sont, quant à elles, toujours accessibles, mais diffusent peu de reportages sensibles sur Djibouti. Le taux de pénétration d’Internet reste très faible, mais Facebook est assez populaire auprès des internautes.
En février 2011, craignant les mouvements de contestation relayés par les réseaux sociaux qu’il peine à contrôler, le gouvernement a arrêté plusieurs dizaines d’opposants politiques. Six collaborateurs de La Voix de Djibouti, une radio d’opposition en exil émettant en ondes courtes et sur Internet, ont été raflés par mesure de prévention en amont des manifestations. Ils ont été enfermés à la prison centrale de Gabode durant quatre mois, sans procès, pour "participation à un mouvement insurrectionnel". L’un d’eux, Farah Abadid Hildid a même été torturé par les services de renseignements, avant son transfert en prison.
Fiche réactualisée en août 2011
Djibouti - 27 avril 2013
L’ancien journaliste et opposant Daher Ahmed Farah retenu à la prison de Gabode
Djibouti - 20 novembre 2012
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