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Prédateur, ennemi d’Internet
Tous les journalistes arrêtés lors du “Printemps noir” de mars 2003 ont été libérés entre juillet 2010 et mars 2011. En contrepartie d’un exil forcé pour la plupart. Pour autant, le régime continue de persécuter ceux qui osent faire de l’information hors de son contrôle.
Entre juillet 2010 et mars 2011, tous les journalistes emprisonnés depuis le “Printemps noir” ont pu sortir de prison grâce à la médiation du gouvernement espagnol et de l’Église catholique cubaine. Parmi eux, le correspondant de Reporters sans frontières Ricardo González Alfonso, fondateur de la revue De Cuba. Leur libération, avec d’autres dissidents incarcérés durant la même période, a eu pour contrepartie, dans la plupart des cas, un exil forcé en Espagne. Depuis le 8 avril 2011, l’île ne compte plus aucun journaliste derrière les barreaux.
Lors de la succession officielle de Raúl Castro à la présidence, en février 2008, le gouvernement avait émis quelques signes timides en direction de la communauté internationale. Le 27 février 2008, Cuba est devenue signataire -sans les ratifier - des deux pactes des droits de l’homme des Nations unies (l’un relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, l’autre portant sur les droits civils et politiques). Le 24 février de la même année a été levée l’interdiction faite aux Cubains de se rendre dans les grands hôtels dotés d’une meilleure connexion Internet. La mesure n’a pas duré et le harcèlement envers les blogueurs et le contrôle d’Internet ont repris depuis. Les citoyens ont reçu, cependant, l’autorisation de se procurer du matériel informatique individuel et obtenu la légalisation des téléphones portables.
Cuba demeure in fine le seul pays du continent américain à ne pas tolérer de presse indépendante hors du strict encadrement de l’Etat. Les médias officiels (une télévision, un radio, deux quotidiens - Granma et Juventud Rebelde - et leurs déclinaisons locales) servent d’abord à relayer la propagande du régime. Seules quelques revues catholiques sont tolérées. Les journalistes dissidents continuent à travailler clandestinement et se voient dans l’obligation de publier sur des supports extérieurs, en particulier des sites de la diaspora cubaine de Miami, ce qu’ils ne peuvent diffuser à leurs concitoyens de l’île. L’utilisation d’Internet reste étroitement contrôlée, même si les difficultés de connexions résultent aussi des restrictions imposées par l’embargo nord-américain en vigueur depuis 1962.
Fiche réactualisée en avril 2011
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