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Chili

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Plus de vingt ans après le retour de la démocratie, le paysage médiatique chilien porte toujours les marques de la dictature militaire tant au niveau législatif que dans la pratique. Les médias restent extrêmement concentrés, les délits de presse sont toujours pénalisés, et les journalistes font régulièrement les frais de la violence des forces de l’ordre en marge des mouvements sociaux.

Le paysage médiatique chilien est très concentré, d’où un manque de pluralisme criant. Environ 95% des titres de presse sont aux mains de deux groupes de communication privés, El Mercurio et Copesa, destinataires uniques du système de subventions publiques instauré sous la dictature. Près de 60% des antennes radiophoniques sont détenues par le groupe de presse espagnol privé Prisa. Dès lors, les médias indépendants – tels que les radios communautaires – peinent à exister et à assurer leur survie économique, dans la mesure où le pays ne dispose toujours pas d’un cadre législatif garantissant un équilibre entre les différents types de médias au sein de l’espace de diffusion.

Les médias communautaires sont également criminalisés, à travers l’article 36B de la Loi générale de télécommunications 18.168, adoptée en 1982, sous la dictature, qui prévoit des peines de prison ferme et des amendes en cas de diffusion sans fréquence légale. C’est notamment à l’appui de l’article 36B que les équipements de Radio Vecina ont été confisqués et que son représentant Víctor Díaz a été arrêté en août 2012, à Collipulli (Araucanie).

Outre l’existence d’un cadre législatif portant préjudice à la liberté d’information, en criminalisant les délits de presse (notamment la diffamation), les journalistes sont régulièrement victimes d’abus des forces de l’ordre, en marge des mouvements de protestation. Nombre d’agressions commises par les Carabiniers, souvent assorties de détentions arbitraires, ont été recensées en marge des manifestations étudiantes qui émaillent l’actualité depuis 2011. Ces détentions, bien que brèves, s’accompagnent souvent de destruction de matériel, autrement dit de censure.

De même, plusieurs journalistes couvrant le conflit social de la région Aysén ont fait les frais de la violence des forces de l’ordre en 2012. Au vu des événements survenus dans cette région, Reporters sans frontières s’inquiète des conséquences de l’application de la loi de sécurité intérieure de l’État (LSE), datant de la dictature (1973-1990) et jamais modifiée depuis. Cette inquiétude vaut également pour la loi antiterroriste de 1984, utilisée de manière abusive contre des journalistes chiliens et étrangers dans la région.

La couverture de certains sujets – comme les violations des droits de l’homme sous la dictature ou la situation des indiens Mapuches – reste très sensible. Plusieurs journalistes enquêtant sur la dictature, à l’image de Mauricio Weibel Barahona, ont ainsi été victimes de harcèlement, de vols et de menaces.

Enfin, le Chili est le premier pays à avoir inscrit dans la loi le principe de la neutralité du réseau pour les consommateurs et les usagers d’Internet (Loi n° 20453 du 18 août 2010), permettant notamment la libre circulation des informations sur la toile.

Fiche réactualisée en juillet 2013

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