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Cameroun

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97 sur 179 dans le dernier classement mondial
  • Superficie : 475 440 km2
  • Population : 18 467 692 habitants
  • Langue : français, anglais
  • Chef de l’Etat : Paul Biya depuis 1982

La situation de la liberté de la presse s’est considérablement améliorée ces dernières années et la répression aveugle à l’encontre des journalistes appartient désormais au passé. Mais la presse reste trop souvent exposée aux excès de zèle des forces de l’ordre, aux règlements de comptes entre hommes politiques, ou encore à la corruption des juges.

Malgré le dynamisme affiché des médias camerounais, la menace pèse toujours sur les journalistes qui tentent courageusement de franchir les lignes rouges tracées par la loi sur la communication sociale. La censure administrative et judiciaire a certes été abolie depuis une quinzaine d’années, mais le pouvoir maintient toujours dans le code pénal des articles qui répriment durement les délits de presse. La publication d’un article jugé diffamatoire peut encore valoir à son auteur ou au responsable de publication un séjour dans l’un des pénitenciers de la République, comme c’est le cas de Lewis Medjo de La Détente Libre, qui croupit à la prison centrale de Douala depuis fin septembre 2008, après avoir été sévèrement condamné à trois ans de prison ferme pour propagation de fausses nouvelles.

Entre 2007 et 2009, une dizaine de journalistes ont fait l’objet de poursuites judiciaires, toutes liées à l’exercice de leur profession. Tout en lâchant du lest, notamment pour améliorer son image auprès des bailleurs de fonds, le gouvernement continue d’exercer une forme de contrôle sur des médias de plus en plus pugnaces. Armée, velléités sécessionnistes de la région anglophone et corruption sont en effet des sujets hautement sensibles.

Au Cameroun, comme dans d’autres pays africains, pauvreté et environnement économique difficile ont fait prospérer une presse souvent corrompue et facile à instrumentaliser. En outre, certains directeurs de publication peu scrupuleux se rendent parfois coupables de dérives. En 2006 par exemple, la sinistre affaire des “homosexuels de la République” a sérieusement ébranlé la presse camerounaise, provoquant la division et l’écœurement au sein de la profession. Sous prétexte de faire œuvre de “salubrité publique” dans un pays où l’homosexualité est considérée comme un délit, des journaux au tirage limité ont choisi de faire leurs gros titres sur une liste de personnalités “déviantes” s’étant hissées à des postes à responsabilité grâce à de prétendues “faveurs”. Les “informations” diffusées par ces journaux étaient surtout une accumulation de ragots et de calomnies.

Dans ces conditions, la liberté de la presse est un acquis fragile au Cameroun et la vigilance reste de mise. L’élection présidentielle de 2011 est un rendez-vous politique important pour le pays, et les médias risquent à nouveau d’être dans le collimateur des pouvoir publics.

Fiche réactualisée en janvier 2010

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