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Brésil

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En dépit de récentes avancées, de nombreuses atteintes à la liberté d’information perdurent au Brésil, devenu en 2012 l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les journalistes. Ces derniers sont régulièrement la cible de violences, de pressions et de procédures abusives de la part des autorités locales en particulier. Le paysage médiatique reste très concentré, au détriment des médias communautaires.

Le Brésil a connu d’importantes avancées en matière de liberté d’information sous la présidence de Inácio Lula da Silva (2003-2010). En témoignent l’abrogation en 2009 de la loi sur la presse de 1967 héritée de la dictature militaire, qui prévoyait des peines de prison ferme en cas de diffusion d’informations jugées subversives, la suspension de la clause de la loi électorale de 1997 qui interdisait le droit à la caricature en temps de campagne électorale, et une amélioration sensible de l’accès à l’information publique.

En dépit de ces progrès, de nombreuses atteintes à la liberté d’information perdurent. Des dizaines de journalistes ont fait les frais de la violence de la Police Militaire, mais aussi des manifestants, lors des mouvements de protestation qui ont secoué le pays en juin 2013. Ces derniers ont révélé la fracture existant entre l’image que le Brésil souhaite donner de lui-même – avant la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques – et l’envers du décor.

Onze journalistes ont été tués en 2012, dont cinq en lien direct avec l’exercice de leur métier, une tendance qui se confirme en 2013. Ce chiffre record place le Brésil parmi les cinq pays les plus meurtriers au monde pour la profession. Nombre de journalistes assassinés enquêtaient sur des sujets sensibles, tels que le narcotrafic, la corruption ou des conflits politiques locaux. De fait, les journalistes sont régulièrement victimes de la violence des autorités locales, en particulier dans les régions Nord et Nordeste. L’impunité dans les enquêtes portant sur ces violences et assassinats reste élevée, en dépit des efforts réalisés qui ont parfois abouti à de réels résultats.

Outre la violence, les journalistes pâtissent régulièrement de pressions et de procédures abusives de la part des autorités locales (pour diffamation, injure, etc.), débouchant parfois sur des amendes exorbitantes ou encore sur de la « censure préventive, touchant l’information en ligne en particulier. Cette explosion procédurière affectant le monde de l’information a suivi de près l’abrogation de la loi de 1967.

Le paysage médiatique brésilien reste très concentré, contrastant avec l’extrême diversité de la société. Dix principaux groupes économiques, issus d’autant de familles, se partagent le marché de la communication de masse et les fréquences. Le pluralisme est également mis à mal par la distribution des annonces et la colossale manne publicitaire officielle, d’où un certain assujettissement financier des médias et l’existence d’une relation extrêmement forte entre pouvoirs médiatique, économique et politique.

Les médias communautaires demurent les principales victimes de ce système. Ils opèrent souvent dans l’illégalité, faute de posséder un statut clair et des concessions leur permettant de diffuser. De fait, la loi de télécommunications de 1962, qui continue de régir le champ des fréquences, n’a jamais connu de refonte en profondeur. Le Brésil reste donc dans l’attente d’une nouvelle loi de régulation des médias.

Fiche réactualisée en juillet 2013

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